Dieu aime les belles choses et nous devons aussi les apprécier. « Ces beaux oiseaux faisant vibrer l'air de leurs chants joyeux; les teintes délicates des fleurs dans leur perfection, parfumant l'air; les arbres altiers des forêts avec leur riche feuillage vert; tout témoigne de la sollicitude tendre et paternelle de notre Dieu. »[1] Nous pouvons connaître un peu de cet enthousiasme en appréciant la beauté de la création de Dieu; mais pouvons-nous éprouver un enthousiasme plus grand en ce qui concerne la beauté du message du salut ? L'Évangile est-il un système de théologie impersonnelle aussi abstrait que les mathématiques ou la chimie ? Est-il possible de prendre, pour le salut, un engagement aussi froid qu'une police d'assurance ? Ou bien est-ce une réponse du coeur ayant pour mobile un amour durable pour Christ ?
Le véritable Évangile est d'une grandeur extraordinaire et il empoigne le coeur humain plus profondément et plus solidement que n'importe quel amour humain ne peut le faire. À travers ses longues années de ministère, Ellen White essaya de provoquer cette réponse totale chez les membres d'Église Adventiste du 7e Jour, mais avec peu de succès. Quand elle entendit le message de 1888, elle fut enthousiasmée. Elle dit que c'était le message qu'elle avait essayé de présenter pendant 45 ans. Elle en fut si heureuse et elle déclara que ce message était le commencement de la pluie de l'arrière-saison et le grand cri du quatrième ange d'Apocalypse 18. Jamais elle n'identifia un autre message dans des termes aussi exaltants.
Un message aussi inspiré demande certainement toute notre attention.
Pourquoi le message de 1888 fut-il exaltant ?
Beaucoup de chrétiens sont choqués de ce que Jésus-Christ déclare qu'une seule chose est nécessaire pour le salut. Avait-il raison ou devons-nous ajouter autre chose à ce qu'il dit ? (Jean 3:16, dernière partie)
Selon ce que dit Jésus, notre part est de croire. (Le mot grec pour « croire » et « avoir foi » est le même). Ainsi, Il enseigna clairement que le salut vient par la foi et rien d'autre. Il n'y ajouta rien. Ceci nous procure un grand soulagement. Il n'est plus nécessaire, de garder les commandements, de payer la dîme, de faire des offrandes, de garder le Sabbat, de faire de bonnes oeuvres, etc. Nous n'avons pas le droit d'ajouter à Jean 3:16 des mots qu'Il n'a pas prononcés. Est-ce que Jésus enseigna l'hérésie : « Crois seulement. » qui endort tant de gens dans la tromperie : « Ne fais rien et aime le monde. » ? Non, Jésus enseigne la foi accompagnée des oeuvres qui produit l'obéissance à tous les commandements de Dieu et rend les croyants zélés pour de bonnes oeuvres. (Tite 2:14)
Comment pouvons-nous obtenir cette foi dynamique qui est la seule chose nécessaire pour le salut ? (Jean 3:16; Galates 5:6)
Notre texte dit que Dieu a déjà donné l'Amour et le Don. La foi vient de la compréhension de cette bonne nouvelle. Elle l'apprécie et y répond. Quelle est la mesure de Son amour ? Il a donné son Fils unique. Notez bien ce verbe. Il n'a pas seulement envoyé son Fils. Dans notre jugement humain, nous imaginons qu'Il fut envoyé comme missionnaire ou diplomate dans un pays étranger où il passa 33 ans en exil, après quoi il retourna dans sa demeure céleste, luxueuse et sûre.
Nous savons qu'Il a souffert l'agonie de la croix, mais nous pensons que cela ne dura que quelques heures et que l'entière épisode de sa vie sur la terre semble être un bien court temps de service. Mais cette idée n'est pas juste. Le Père LE DONNA. Nous parlons et chantons concernant son amour sur la croix, mais la réalité étonnante de ce sacrifice signifie infiniment plus que la plupart des chrétiens ne l'imaginent.
« Une question : ce don fut-il seulement un don pour 33 ans ? Ou fut-il un éternel sacrifice ? ... Il fut pour toute l'éternité. Il se donna Lui-même pour nous. Il porte notre nature pour toujours. C'est là le sacrifice qui touche le coeur de l'homme. C'est là l'amour de Dieu. Qu'on le croit ou non, il y a là une puissance qui attire l'homme et le soumet; le coeur doit être bouleversé par ce fait extraordinaire. Depuis que j'ai compris cette réalité bénie, que j'ai vu le sacrifice du Fils de Dieu comme un éternel sacrifice pour moi, cette parole a été présente à mon esprit à chaque heure : "J'irai humblement devant Dieu toute ma vie." »[2]
« Croire » signifie désormais accepter le fantastique amour, avoir une crainte, respectueuse devant un tel amour et laisser le coeur être conduit par lui jusqu'à s'oublier soi-même, ainsi que nos pauvres désirs humains. Cet amour nous guidera vers une dévotion à Dieu que nous n'aurions jamais cru possible. Le salut ne vient pas par la foi et les oeuvres, mais par la foi agissant dans les oeuvres.
Le problème est celui-ci: Comment pouvons-nous apprendre à apprécier cet amour pour que cette foi puissante puisse travailler en nous ?
Qu'est-ce qui est particulier dans la mort de Jésus pour nous ? Beaucoup de gens sont morts et ont accepté une agonie physique plus longue. (Philippiens 2:5-8; Gal. 3:13; Deut. 21:22-23)
La Bible parle de deux sortes de mort et nous devons comprendre quelle fut celle dont Jésus mourut. Ce que nous appelons « mort », la Bible l'appelle « sommeil »; la mort réelle est appelée « la seconde mort ». (Apoc. 2:11; 20:14) C'est la mort dont la victime ne connaît plus aucun rayon d'espoir, ayant été oubliée de Dieu. Plus que cela, c'est la mort avec tout le poids de la culpabilité du péché, le feu de la condamnation éternelle brûlant toutes les cellules. Cette mort comporte la malédiction de Dieu mentionnée par Moïse. Depuis que le monde existe, aucune âme n'est morte de cette mort ni n'a souffert une complète séparation d'avec Dieu, si ce n'est Jésus. Il fut fait « malédiction pour nous ».
Personne d'autre n'a pu, physiquement ou spirituellement, ressentir tout le poids de la malédiction du péché. Aucun pécheur ne peut ressentir ce lourd fardeau aussi longtemps que, dans le ciel, le Souverain Sacrificateur continue Son oeuvre de substitut, car Il est la propitiation pour les péchés du monde entier. (1 Jean 2:2).
« Le Sauveur ne voyait pas au-delà de la tombe. Il n'avait plus l'espérance de la victoire sur le sépulcre; Il ne possédait plus l'assurance que Son sacrifice était agréé de Son Père. Le Christ ressentit l'angoisse que tout pécheur devra éprouver quand la grâce cessera d'intercéder en faveur d'une race coupable. »[3] Lire Éphésiens 3:14-19 pour mieux comprendre les dimensions de l'amour révélé à la croix.
En voici cinq aspects vraiment remarquables :
1. Paul s'intéresse, non à ce que nous faisons, mais à ce que nous comprenons de la vérité. Il sait que si nous saisissons ce que signifie réellement la croix, une nouvelle motivation possédera notre coeur et toutes les choses honnêtes y prendront place.
2. Christ habitant dans notre coeur par la foi nous demande d'être « enracinés et fondés dans l'amour » (agapè). Ceci est une autre façon de définir la foi comme une profonde appréciation de Son amour.
3. Les dimensions de l'amour sont hautes comme le ciel, profondes comme l'enfer, larges comme le monde, aussi larges que les besoins de votre coeur.
4. Il est possible pour nous de connaître par la foi ce qui surpasse toute connaissance. N'attendons pas jusqu'à l'éternité pour apprendre à connaître et à apprécier la croix de Christ. Si vous n'élargissez pas dès à présent votre esprit et votre coeur pour comprendre ce grand amour, vous ne serez pas capable d'entrer dans la vie éternelle. Nos coeurs sont devenus si étriqués; ils ont besoin d'être élargis.
5. Quelqu'un de très important, l'apôtre Paul, priait pour vous, pour que vous vous unissiez à tous les saints dans la compréhension de cette précieuse vérité. Le monde entier doit apprendre à apprécier cet amour. Ne vous laissez pas égarer.
Pourquoi cette grande vérité n'a-t-elle pas été comprise comme elle le mérite ? (Daniel 8:9-13; 7:25; Apoc. 13:1-8)
Satan sait que si les hommes arrivent à apprécier l'amour révélé à la croix, ils seront remplis de toute la plénitude de Dieu. Dès lors, il veut éclipser ou obscurcir la vérité de la croix. C'est ce qui a constitué le travail principal de « la petite corne ». Peut-être que sa plus grande tromperie a été d'inventer la théorie de l'immortalité de l'âme. Si l'âme est naturellement immortelle, Christ n'avait pas à mourir la « seconde mort » et son sacrifice est automatiquement réduit à quelques heures de souffrances physiques et morales soutenues par l'espérance. Cette doctrine à la fois païenne et papale diminue la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur de l'amour de Christ et réduit Son amour (agapè) aux dimensions de l'amour humain, lequel est motivé par ses propres intérêts et l'espoir de la récompense.
Le résultat de cette conception fut une atténuation de la foi. Presque toutes les Églises chrétiennes acceptent cette doctrine pagano-papale de l'immortalité. Ainsi, leurs esprits sont tellement aveuglés qu'ils ne peuvent comprendre les dimensions de l'amour révélé à la croix et, par conséquent, il leur est impossible de connaître la véritable justice par la foi enseignée dans le Nouveau Testament.
L'Église Adventiste du 7e jour rejette officiellement cette doctrine. Mais par ailleurs, depuis quelques décennies, nous sommes allés vers ces églises populaires pour y voir clair dans la compréhension de la justice par la foi, ne réalisant pas qu'en vertu de leur croyance à l'immortalité de l'âme, leur conception de la justification est aussi faussée. Ainsi, nous en avons subi l'influence et il en est résulté la tiédeur qui a gagné notre Église.
Luther avait compris la vérité pour son temps aussi bien que possible. Il ne pouvait avoir la vue élargie qui accompagne la vérité présente pour la fin. Ses disciples abandonnèrent d'ailleurs vite certaines vérités après sa mort.
Notre message de 1888 a commencé à retrouver la pleine vérité en coupant les liens qui nous unissaient à ces vues des églises populaires et en redécouvrant l'enseignement des apôtres.
La mort de Jésus sur la croix fut-elle simplement une preuve qu'Il pouvait faire quelque chose pour nous si nous faisions notre part ? Ou bien fait-Il actuellement quelque chose pour tous les hommes ? (Romains 3:23-26; 2 Cor. 5:19; Hébreux 2:9)
La pensée populaire considère le sacrifice de Jésus comme quelque chose qui ne devient valable que si la personne accepte Christ. Autrement dit, le salut serait une action céleste inutile jusqu'à ce que l'homme prenne l'initiative lui-même de s'en approcher. -- comme une machine qui ne se met en route que si on la met en marche --.
Au contraire, le message de 1888 nous apprend que Christ fit quelque chose pour tous les hommes; il met en évidence les pensées suivantes: