Jésus dit : « Tout pouvoir m'a été donné dans le ciel et sur la terre. Allez et enseignez toutes les nations. ... Et voici, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde. ... Comme le Père vous a envoyé, moi aussi, je vous envoie. ... Recevez le Saint-Esprit. » « Celui qui croit en moi fera aussi les oeuvres que je fais; il en fera de plus grandes parce que je m'en vais au père. » (Mat. 28:18-20; Jean 20:21-22; 14:12)
Ce sont des promesses fantastiques. La clef de leur accomplissement est dans cette phrase : « Celui qui croit en moi. »
Cette phrase est souvent mal interprétée par les guérisseurs, les charismatiques et les charlatans qui prient avec des mobiles humains égocentriques. Nous sommes avertis que Satan peut accomplir des miracles et donner le même pouvoir à ses disciples. Mais la présence même de cette duperie prouve que le véritable miracle existe. « Celui qui croit en moi. » signifie « Celui qui a la vraie foi », celle qui travaille dans la justification par la foi.
Ce n'est certainement pas la volonté de Dieu que son Église reste impuissante face aux plaies morales et spirituelles, telles que l'abus des drogues, l'alcoolisme, l'infidélité dans le mariage et l'immoralité sexuelle, la dépression nerveuse si répandue. La détérioration progressive des facultés de l'esprit humain conduit des millions d'hommes là où il leur sera impossible mentalement de comprendre son Évangile. Mais Il a promis le pouvoir nécessaire pour faire face à ces besoins tragiques.
Quand les quatre vents seront lâchés, ce sera la complète rupture de l'ordre, de la décence, de la moralité, de la fidélité et de sécurité. Le Seigneur a donné l'ordre aux quatre anges de retenir les vents des passions humaines jusqu'à ce que ses serviteurs soient scellés.[1] (Apoc. 7:1-4)
Si son peuple avait fidèlement proclamé le message du scellement, Dieu aurait pu restreindre l'explosion du mal dans le monde. Les portes de l'enfer n'auraient point prévalu contre son Église. Mais si l'Église ne proclame pas fidèlement le message qui seul peut préparer le peuple pour le retour du Christ, Dieu ne peut tenir en échec les terribles forces du mal dans le monde. Certainement, ce n'était pas Sa volonté que les deux guerres mondiales apportassent de telles tristesses et de telles douleurs dans le monde ainsi que les horreurs communes à beaucoup de pays aujourd'hui.
L'Afrique en est un exemple. Avant que la première guerre mondiale n'éclatât, un conflit armé engloutit l'Afrique du Sud, conflit qui a laissé un amer héritage qui a contaminé tout le continent pendant ce dernier siècle. Plusieurs fois, Ellen White déclara que la guerre des Boers de 1899 à 1902 n'aurait pas eu lieu si nos premiers missionnaires avaient fidèlement proclamé le message du Seigneur en Afrique du Sud.[2] Le contexte de son rapport fut le message de 1888. Le monde a été privé du message du 3e ange, en vérité et il l'est encore aujourd'hui. La situation est sérieuse.
Ce message de 1888, « en vérité » fut la vraie justice de Christ. Le pouvoir fut dans le message lui-même, non dans nos institutions, nos budgets, ou nos organisations. Le plan de Dieu était qu'un petit peuple puisse provoquer un grand choc sur le monde en proclamant un message complètement approuvé du ciel. Ce peuple aurait été comme le jeune David avec 5 pierres lisses devant Goliath.
Même aujourd'hui, un siècle plus tard, ceux qui étudient ce message réalisent le pouvoir spécial qui est en lui. Il porte ses lettres de créance.
Comment le pur message de l'Évangile peut-il posséder un tel pouvoir ?
Quel pouvoir Jésus donna-t-Il à ses disciples ? (Marc 16:14-18)
Quel impact les premiers disciples eurent-ils sur le monde ? (Actes 17:6)
Quelle fut la raison pour laquelle ils bouleversèrent le monde ? (Actes 2:1-4; 16-21; Rom. 1:15-16)
Le pouvoir était dans le message et le message était l'Évangile. La descente du Saint-Esprit à la Pentecôte était la pluie de la première saison. Il donna aux apôtres un pouvoir qui n'était pas magique. Le sermon de Pierre à la Pentecôte en révèle la source : ils comprenaient la signification de la croix. (Actes 2:23-37) Ils la rendirent réelle au coeur humain. La proclamation de cette vérité transforme l'humanité. On trouve là un mot-clé, le mot qui renferme le puissant amour de Dieu : agapè.
Ellen White déclare que le message de 1888 était le commencement de la dernière pluie du Saint-Esprit, de même qu'à la Pentecôte, ce fut la première pluie. Il fut aussi le commencement du grand cri d'Apocalypse 18 qui devait éclairer la terre avec gloire. Mais ce ne fut pas le travail des hommes ou le supposé réveil de l'Église au début de 1890 qui commença à accomplir la prophétie, ce fut le message lui-même, -- « La révélation de la justice de Christ, le Rédempteur pardonnant le péché. »[3]
Il y a dans la vérité de l'Évangile le pouvoir le plus fort qui puisse être exercé sur le coeur humain, le pouvoir de l'amour céleste. (Galates 2:14)
Quels furent les problèmes humains que l'Évangile des apôtres résolvait ?
Les mêmes que ceux qui affligent aujourd'hui la race humaine. Chaque problème devient une obsession. Comment furent-ils résolus ? Par le message de la justification par la foi.
C'était davantage qu'une froide formule théologique; c'était une vérité vivante. Le péché abondait dans les jours de l'empire romain païen. Les Romains étaient si violents et si cruels qu'ils se réjouissaient de voir des humains lutter avec des animaux sauvages jusqu'à la mort. La prostitution était considérée comme sacrée, faisant partie de la religion. Mais au travers de la proclamation de l'Évangile, la grâce a surabondé « par la justification par la foi jusque dans la vie éternelle » (Rom. 5:20-21). Le message révèle la grâce de Dieu au peuple captif de toutes sortes de péchés impulsifs comprenant l'homosexualité, etc. Ainsi, ces hommes furent placés sous la grâce et ils devinrent les captifs de Christ. Le résultat fut une joie véritable. « Le péché ne dominera plus sur vous. » dit Paul, « Car vous n'êtes plus sous la loi, mais sous la grâce." (Rom. 6:14) Encore aujourd'hui, ce message de grâce vainc toutes les formes de péché, quand les appels de peur ou l'espoir d'une récompense sont réduits à l'impuissance pour motiver une conversion durable.
Quelle vérité de grâce le message met-il en relief ? (2 Cor. 8:9; Rom. 8:3-4; Hébr. 2:9-18; 4:15)
Le message de grâce proclamé par les apôtres est souvent négligé ou renié dans les Églises aujourd'hui -- la vérité concernant la nature humaine du Christ semblable à la nôtre n'étant pas comprise. Ce qui impressionnait le peuple, lors de la mission des apôtres, c'était la réalité du Fils de Dieu venant près d'eux, prenant leur nature, étant tenté comme ils l'étaient, souffrant à leur place, acceptant leur pauvreté et leur offrant Sa richesse, surmontant la tentation par la foi avec les mêmes possibilités qu'eux. Cette vérité était la révélation de la grâce la plus pure et elle possédait un pouvoir qui empoignait le coeur des hommes, comme rien d'autre ne l'avait fait dans toute l'histoire antérieure. Les captifs les plus désespérés du crime, de la convoitise trouvaient la délivrance dans ce message de grâce.
Inutile de dire que Satan s'oppose à une telle révélation et fait tout ce qu'il peut pour la supprimer dans les Églises et ainsi la tenir loin du monde. Il est déterminé à nous faire croire que le péché est invincible. Nous consacrerons une étude entière sur cette « grâce de notre Seigneur Jésus-Christ » telle qu'elle brilla intensément dans le message de 1888.
Le pouvoir du message de 1888
Pendant une courte période après 1888, le précieux message fut proclamé dans nos camps et nos écoles. Quels en furent les fruits ?
Ellen White dit : « Le présent message -- la justification par la foi -- est un message de Dieu; il porte le sceau de la divinité car son fruit est la sainteté. »[4] « Je n'ai jamais vu une oeuvre de réveil aller de l'avant avec une telle perfection et cependant rester si libre de toute influence excitante. Il n'y avait ni pression, ni invitation. Les gens n'ont pas été appelés à se présenter devant l'assemblée, mais il y eut une certitude solennelle que Jésus était venu, non pour appeler les justes, mais pour appeler les pécheurs à la repentance. ... Nous avons eu l'impression de respirer l'atmosphère même du ciel. »[5]
« J'ai vu que la puissance de Dieu accompagnait ce message partout où il était prêché. Vous ne pourriez pas faire croire au peuple du Sud Lancaster que ce n'était pas un message de lumière qui vint à eux. ... Dieu a posé sa main sur ce travail. Nous avions travaillé dans Chicago une semaine avant, mais il y eut un arrêt dans les réunions. Comme une vague de gloire, la bénédiction de Dieu souffla sur nous, alors que nous dirigions les âmes vers l'Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde. Le Seigneur révéla sa gloire et nous sentîmes l'action profonde de Son esprit. ... J'ai essayé de vous présenter ce message comme je l'ai compris, mais pour combien de temps ceux qui sont à la tête de l'oeuvre resteront-ils en dehors du message de Dieu ? »[6]
Ce n'était pas la personnalité des orateurs, les pressions des pasteurs, les appels faits avec stratégie ou la publicité qui avaient un tel « pouvoir ». C'était le message lui-même.
L'Église adventiste a-t-elle proclamé fidèlement ce « très précieux message » au monde, de telle sorte que le travail de scellement pouvait commencer ?
Notre jugement humain faillible ne peut répondre à cette question. Une réponse objective comporte 4 points :
a) En résumé, à la fin de 1888, Ellen White déclara que « Satan a réussi dans une grande mesure à priver notre peuple de la puissance du Saint-Esprit ... et ce sont quelques-uns de nos propres frères qui ont contribué pour une grande part à priver le monde de cette lumière. »[7]
b) Écrivant près de 40 ans après 1888, A.G. Daniells dit : « Le message n'a jamais été accepté ni proclamé, ni donné librement comme il aurait dû l'être, en sorte de pouvoir transmettre à l'Église les bénédictions sans mesure dont il était porteur. »[8]
c) Le fait manifeste d'un siècle écoulé depuis que le grand cri commença montre clairement que le message n'a jamais été véritablement proclamé.
d) Le message que nous proclamons en tant qu'Église peut être évalué objectivement de façon à ce que le contraste avec celui de 1888 devienne clair pour chacun.
Mais c'est une bonne nouvelle de découvrir la raison de ce long délai et cela nous donne de l'espérance. Il est dans nos possibilités de redécouvrir ce message car dans sa miséricorde le Seigneur a pourvu Ses enfants d'ouvrages capables de les éclairer et de les instruire à ce sujet.
Quel est le plan de Dieu pour la dernière Église ? (Habakuk 2:14; Apoc 18:1-4)
« Dans les visions de la nuit, des représentations passèrent devant moi d'un grand mouvement de réforme parmi le peuple de Dieu. Beaucoup priaient Dieu. Des malades furent guéris et d'autres miracles furent accomplis. Un esprit d'intercession se manifestait comme avant la Pentecôte. Des centaines et des milliers de personnes visitaient les familles. ... Les coeurs furent convaincus par le pouvoir du Saint-Esprit et un esprit de véritable conversion se manifesta. De tous côtés, les portes furent grandes ouvertes à la proclamation de la vérité. Le monde semblait être éclairé par l'influence céleste. »[9] Quel glorieux avenir! Nous ne devons pas laisser Satan s'opposer à cela.
Quel pouvoir le véritable et pur Évangile de grâce aura-t-il sur notre vie personnelle ? (2 Cor. 5:13; 6:2)
L'Évangile de la grâce avait un tel pouvoir sur Paul que le peuple pensait qu'il était hors de lui dans son attachement illimité à Christ. Il répondit que ce n'était pas parce qu'il était plus héroïque que les autres qu'il était capable de souffrir tellement pour son Sauveur. C'était la grâce de Christ, révélée dans son incomparable amour à la croix qui contraignait Paul. Il était motivé, poussé en avant, irrésistiblement, souvent en dépit de lui-même. Il comprit qu'il est impossible de vivre pour soi-même. Il devint une « nouvelle créature ». Être réconcilié avec Dieu, après avoir été toute sa vie contraint, enfermé dans d'invisibles barrières, voilà qui était fantastique. L'évènement de la croix le captiva pour toujours; en conséquence, il plaida auprès des hommes de ne pas regarder à lui : « Ne recevez pas la grâce de Dieu en vain. »
Ce message unique de justification par la foi que Dieu nous envoya en 1888 reproduit en nos coeurs, aujourd'hui, la même dévotion désintéressée qui motivait Paul il y a très longtemps. Un des pionniers qui accepta de tout son coeur le message montra la même ardeur. Étant déjà âgé, frère S.N. Haskell annonça le message en Chine, au Japon, en Australie et continua à porter de précieux fruits de grâce. Ses ouvrages sont encore appréciés.
« Nous vivons par la foi au Fils de Dieu, qui m'aima et donna sa vie pour moi. » (Galates 2:20) Oh, Il m'aima ! Quand Il se donna dans toute sa gloire et toute son étonnante richesse pour moi qui n'étais rien ! Est-ce trop que je me donne moi-même à Lui ? »[10] Avec un réel esprit de prière et une âme affamée méditez à nouveau la puissance du message de la grâce de Dieu. Plongez-vous dans Rom. 4:13-16; 5:2, 5, 17, 20, 21; 6:l, 14, 15.
Que disent ces précieux messages ?
a) La justification par la foi n'est pas une froide théologie. C'est le ministère de la grâce.
b) La foi donne accès à cette grâce en ouvrant le coeur de l'homme à une meilleure appréciation de l'amour de Dieu.
c) « Le don par grâce a abondé pour plusieurs. ... Dans l'incomparable don de Son Fils, Dieu a encerclé le monde d'une atmosphère de grâce aussi réelle que l'air qui circule autour du globe. Tous ceux qui consentent à respirer cette atmosphère vivifiante, vivront et grandiront jusqu'à la stature d'hommes et de femmes en Jésus-Christ. »[11]
d) La grâce est plus grande que notre péché. (Voilà qui est extraordinaire, n'est-ce pas !)
e) Si vous croyez, vous recevrez la grâce dans vos coeurs comme un Roi.
f) La grâce est si abondante qu'elle rend impossible une vie dans le péché.
g) La grâce nous captive jusqu'à nous conduire à la sainteté.
Comment pouvez-vous être certain que vous êtes inclus dans cette grâce ? (Tite 2:11; Éphés. 4:7, 12-13)
« Voulez-vous être comme Jésus ? Alors, recevez la grâce qu'Il a si abondamment mise gratuitement à notre disposition. Recevez-la dans la mesure où Il l'a donnée, non dans la mesure où vous pensez l'avoir méritée. Soumettez-vous à elle afin qu'elle travaille en vous et puisse atteindre le but pour lequel elle vous a été donnée : Vous rendre comme Jésus; et elle le fera. »[12]
« Le salut délivrant du péché provient du fait qu'il y a dans la grâce un pouvoir plus grand que dans le péché. Partout, la puissance de la grâce peut exercer un contrôle; il sera alors aussi aisé de faire le bien qu'il ne l'était de faire le mal. L'homme, dans son état naturel, n'a jamais trouvé qu'il était difficile de faire le mal ... parce qu'il est esclave de ce pouvoir, le pouvoir du péché. Son règne est absolu. ... Mais laissez une puissance plus grande que celle-là prendre la domination sur vous; alors il vous sera tout aussi facile de lui obéir. La grâce n'est pas simplement plus forte que le péché. Il y a en elle beaucoup plus de puissance que dans le péché. Parfaitement, il y a en elle beaucoup plus d'espoir, plus d'encouragement et ceci pour chaque pécheur dans le monde. »[13]
Notes: