Bonnes Nouvelles pour Laodicée

Chapitre 4

Le message de 1888 est simple et facilement compréhensible

On fait communénent deux erreurs -- opposées – concernant le message de 1888

Beaucoup de gens supposent que c'est le même message qu'ils ont entendu toute leur vie dans des camps ou lors de semaines de prière. Personne ne s'oppose sérieusement à cette idée. Un renouveau d'intérêt pour ce message est comme une réinvention de la roue. Pourquoi cet enthousiasme ?

L'erreur opposée est de supposer que ce message est différent, difficile et complexe, un véritable puzzle théologique que très peu peuvent comprendre.

Ces deux idées sont erronées et une réflexion rapide peut le prouver. Le message de 1888 était le « commencement de la pluie de l'arrière-saison et du grand cri », lequel devait venir comme un feu dans le chaume et, dans un temps très court éclairer la terre avec toute la gloire du dernier message. (Le Congrès américain fut très près de passer la loi sur le Dimanche à ce moment-là, plus qu'à aucun autre moment, avant ou après). Maintenant, un siècle s'est écoulé péniblement. Deux guerres mondiales et plusieurs autres tragédies ont affligé cette terre durant ce long délai. Dans bien des domaines, les choses allèrent très mal.

La longue histoire de ce siècle démontre sans aucun doute que le témoignage suivant est vrai : « le message fut, dans une grande mesure, tenu loin de notre peuple et du monde.[1] Ce que nous avons enseigné comme étant la justification par la foi durant ce siècle est « dans une grande mesure » importé des théologiens protestants, donc non-adventistes. Beaucoup parmi nous pensent que notre doctrine de la justification par la foi est la même que celle des Baptistes conservateurs et autres protestants. C'est loin de la vérité. Le temps est venu où la différence entre les deux messages doit être clairement comprise.

Nous voulons aussi démontrer que ce message n'est pas compliqué et qu'un enfant même peut le comprendre.

La seule difficulté réside dans notre orgueil humain qui n'accepte pas d'être mis de côté. La vraie justification par la foi « couche toujours la gloire de l'homme, dans la poussière ».[2] C est cette gloire que les prédicateurs et les enseignants chérissent.

Notre histoire et le message de 1888 prouvent que « Dieu a choisi les choses folles de ce monde pour confondre les sages. ... Dieu a choisi les choses viles du monde, celles qu'on méprise, celles qui ne sont point pour réduire au néant celles qui sont, afin que nulle chair ne se glorifie devant Dieu. » (1 Cor. 1:27-28) Un enfant peut voir et comprendre la claire différence entre la vraie justification par la foi et son adroite contrefaçon; tandis que le sage ne peut pas la voir.

Selon Jésus, seuls ceux qui sont « affamés et assoiffés » de justice peuvent être remplis (Mat. 5:6).

La différence fondamentale se trouve dans la motivation

Quels sont les motifs généralement employés pour convaincre les gens de devenir adventistes du septième jour ?

Le désir de s'assurer une récompense dans le ciel, voilà le motif commun. Il est naturel pour tous de désirer une place là-haut. Le motif n'est pas mauvais, mais il n'est pas bon non plus parce qu'il n'est pas durable. Satan trouvera toujours un moyen de nous faire oublier cette ambition. Puis viennent d'autres pensées : « Je devrais être plus fidèle. » ou « Je devrais me sacrifier davantage. » ou encore « Je dois abandonner cette mauvaise habitude. », etc. Le fond de cette motivation est toujours la peur de l'enfer ou l'espoir d'une récompense dans le ciel. Ceci ne concorde pas avec la foi du Nouveau Testament; laquelle surpasse l'espoir d'une récompense ou la peur de la punition. « L'amour parfait (agapè) bannit la crainte. »[3] (1 Jean 4:18)

La raison pour laquelle l'Église est si tiède, comme Jésus le dit, c'est que beaucoup, beaucoup de membres vivent « sous la loi ». Ceci ne serait pas si nous avions vraiment compris le message de 1888. Nous nous sentons « riches et nous n'avons besoin de rien », présumant que nous avons accepté le message, quand en réalité, nous sommes pauvres, car nous n'avons jamais véritablement compris et apprécié ce message. (Apoc. 3:14-21)

Qu'est-ce que la justification par la foi ?

Pourquoi avons-nous compliqué et assombri ce que Paul avait exprimé clairement ?

L'idée commune, empruntée aux Églises populaires est que la justification par la foi est purement une déclaration légale que Dieu fait quand nous acceptons Christ, une déclaration faite à des années-lumière qui n'a pas de relation directe avec le coeur humain. Quand vous acceptez Christ, verbalement, vous mettez en route un système dans le ciel qui inscrit votre nom dans le livre de vie et vous assure les bénéfices d'une éternelle sécurité sociale céleste, au crédit de votre compte. Votre décision a ouvert ce procès d'acquittement légal. Jusqu'à ce que vous preniez cette décision, la « machine » céleste est restée inoccupée vous concernant.

Un élément d'orgueil s'introduit ici. C'est vous qui ouvrez le processus de votre salut, comme si vous aviez signé une police d'assurance. Ainsi, vous pouvez vous remercier vous-même de votre initiative qui « couvre » votre maison ou votre voiture. Dans la véritable foi, il ne saurait y avoir d'orgueil ni de vantardise. (Lire Romains 3:19-27)

L'idée de Paul est l'entière culpabilité de tout le monde, car tous ont péché. Nous sommes tous impliqués dans le péché d'Adam; tous pareillement. « La mort a passé sur tous les hommes parce que tous ont péché. » (Romains 5:12) Initialement, personne d'entre nous n'est meilleur que les autres. Comme tous les lions sont par nature des mangeurs d'hommes, ainsi les humains sont par nature « ennemis de Dieu » et « puisque quiconque hait son frère est un meurtrier » (1 Jean 3:15) nous sommes tous pareillement, par nature, coupables de la crucifixion du Fils de Dieu. C'est ce que dit Paul. Tous ont péché mais tous sont « justifiés gratuitement par sa grâce ». La « machine » céleste est déjà au travail, longtemps avant que vous ayez pris une décision.

Dieu ne considère pas ceux qui n'ont pas compris l'Évangile comme des loups à tuer le plus vite possible, mais comme des brebis perdues, recherchées par le Bon Berger. La pièce perdue n'était pas sans valeur, mais une pièce d'argent.

Remarquez aussi que c'est Dieu qui a pris l'initiative. « Dieu établit Christ comme victime expiatoire par son sang ... pour démontrer ... Sa justice. » Notez que c'est le sang qui accomplit l'expiation. Cela n'a pas de sens de dire que le sacrifice du Christ apaise le père, parce que Dieu nous aime déjà. Il donna Christ pour nous. Cela n'a pas de sens non plus de dire que le sang de Christ apaise le diable. Il reste toujours notre ennemi. QUI alors est rendu favorable par le sang ? Nous le sommes ! Nous étions ennemis de Dieu, nous haïssions la justice, mais maintenant nous sommes réconciliés, un avec Lui.

Christ a déjà « goûté la mort pour chaque homme », en raison « des péchés du monde » qui lui ont été imputés (Hébreux 2:9; 2 Cor. 5:19). Dieu exposa Christ sur la croix, de sorte que quand Il fut élevé il attirât tous les hommes à Lui par la vue de son sang. Quand le pécheur cesse de résister et laisse son coeur s'attendrir par cette croix, la justification par la foi se met en place. Il devient alors complètement obéissant à la loi; c'est la foi agissante. N'ayant pas la pensée de la récompense pour lui-même, il apprécie cet amour divin. Après avoir été esclave de l'égoïsme, de la peur et du péché, il est maintenant esclave de l'amour du Christ et il rejoint Paul en chantant : « L'amour du Christ nous presse. » C'est cela : être sous la grâce.

Comment le message de 1888 comprit-il la justification par la foi ?

a) Il rend le croyant obéissant à la loi de Dieu.

« Dieu justifie l'impie. Cela ne veut pas dire qu'Il couvre les fautes de l'homme et que celui-ci est tenu pour juste alors qu'il est réellement mauvais, mais cela signifie qu'il fait de cet homme un observateur de la loi. Au moment où Dieu déclare qu'un homme impie est juste, à cet instant cet homme devient un observateur de la loi. ... Ainsi, il ne peut y avoir une condition meilleure que celle de la justification. Elle fait tout ce que Dieu peut faire pour un homme mortel. Elle fait de lui un être prêt à recevoir l'immortalité à la résurrection. Foi et soumission à Dieu doivent être exercées continuellement afin de maintenir la justice, de maintenir l'observation de la loi. »[4]

b) La foi qui sauve est une sincère appréciation du sacrifice du Christ.

« Dans ce fait béni de la crucifixion de Jésus, laquelle fut accomplie pour chaque âme, ce ne fut pas simplement le fondement de la foi qui fut posé pour chaque âme, mais aussi le don de la foi, pour chaque âme. Ainsi, la croix du Christ manifeste le véritable pouvoir de Dieu pour nous délivrer de tout péché et nous conduire à Dieu. »[5]

c) La véritable justification par la foi ne signifie rien d'autre que d'apprécier à quel point Christ est venu près de nous.

« Il n'y a pas de faiblesse dans la loi; la faiblesse est dans la chair. Ce n'est pas la faute d'un bon outil s'il ne peut rien faire avec du bois pourri. L'homme tombé n'avait aucune force en lui pour observer la loi. Aussi Dieu impute-t-il au croyant la justice de Christ, lequel fut rendu semblable à la chair du péché; ainsi « la justice de la loi » peut s'accomplir dans leur vie. Christ prit sur lui la nature humaine et communiqua sa propre justice à ceux qui acceptent son sacrifice. »[6]

d) Ce message unique et spécial fut destiné par le Seigneur à préparer son peuple pour la translation.

« Que signifie ce message spécial de justification que Dieu a envoyé depuis sept ans à l'Église et au monde. Ce message que Dieu nous a envoyé est destiné à nous préparer à la glorification au retour du Seigneur. Par lui, Dieu nous donna le signe le plus puissant qu'il est possible de donner sur la prochaine venue de Jésus-Christ. »[7]

Comment la Bonne Nouvelle pénétra-t-elle le message de 1888 ?

L'Évangile sans la Bonne nouvelle est une simulation. Quel était le fardeau des apôtres ?

La Bonne Nouvelle des apôtres n'était pas fausse. Elle ne donne pas une assurance mensongère. Leur message était une Bonne Nouvelle : la fidélité de Dieu. (Voir Romains 8:26-29) Ainsi, le peuple recevait la réconciliation (Rom. 5: 11) Le problème de l'homme est la séparation d'avec Dieu causée par notre péché, et nos vues faussées de Son caractère. Paul plaida en ces termes : « Soyez réconciliés avec Dieu. », croyez la vérité concernant Son caractère et laissez-Le guérir votre hostilité, enlever votre péché. (2 Cor. 5:20). Alors, la foi peut travailler, produire dans la vie de grandes oeuvres de justice.

Quelle fut l'essence du message de 1888 ?

En voici un bref aperçu : « Laisser le fatigué, le faible, l'âme oppressée par le péché reprendre courage. Le laisser venir avec assurance devant le trône de la grâce, certain de trouver grâce et secours au moment convenable, parce que ce besoin est ressenti par notre Sauveur même. La tentation qui pèse sur le pécheur le touche. Ses blessures sont toujours fraîches et Il vit toujours pour intercéder pour nous.

« Quelles merveilleuses possibilités sont réservées au chrétien! Quelle sainteté il peut atteindre ! Quelle que soit la façon dont Satan combat contre lui, l'assaillant quand sa chair est faible, il peut rester sous l'ombre du Tout-Puissant et être rempli de la pleine puissance de Dieu. »[8] « Pourquoi le soleil ne sort-il pas de sa trajectoire ? C'est la puissance de la Parole de Jésus qui le maintient en place. Ce même pouvoir soutient celui qui croit en Jésus. »[9]

L'insistance du message ne portait pas sur ce que nous devons faire pour être sauvé, mais sur ce que nous devons croire. Que croyons-nous ? Toujours, la Bonne Nouvelle.

Quelle Bonne Nouvelle spéciale est comprise dans le pardon ? (1 jean 1:9; 2:1; Mat. 26:28; Actes 2:38; 3:19)

« Quand Christ nous couvre de la robe de sa propre justice, Il ne fournit pas un manteau pour le péché, mais Il expulse le péché. Ceci montre que le pardon du péché est plus qu'une simple forme, plus qu'un effacement dans les livres du souvenir du ciel. Le pardon du péché est une réalité ... qui, d'une manière vitale touche l'individu. Il le décharge véritablement; de sa culpabilité, et s'il est déchargé, il est justifié, fait juste, et il a subi un changement radical. »[10] « Le pardon de Dieu n'est pas simplement un acte juridique par lequel Il nous libère de la condamnation. Il n'est pas seulement le pardon pour le péché, mais il nous délivre du péché. »[11] Voici la Bonne Nouvelle : un peuple peut actuellement se préparer pour le retour du Christ.

Quel est le véritable aspect de l'adventisme qui a été largement combattu ces dernières années ?

Non seulement la proximité de la seconde venue de Jésus a été étouffée, mais la véritable possibilité pour un peuple de vaincre tout péché, de sorte qu'il soit prêt à l'accueillir, a été contestée. Cette pensée a souvent été dénoncée comme l'hérésie du perfectionnisme. Mais l'Écriture enseigne que ceux qui regardent à cette « espérance bénie » seront « libérés de toute iniquité » et purifiés, « sans faute devant le trône de Dieu », un peuple qui véritablement, garde les commandements de Dieu et la foi de Jésus, ne se contentant pas de « faire semblant » Cet aspect du message de 1888 nous apprend que ce glorieux résultat sera obtenu au travers de la justice par la foi et non par un programme égocentrique.

« Dieu manifesté dans une chair de péché -- c'est le mystère de Dieu -- non pas un Dieu manifesté dans une chair sans péché, mais dans une chair de péché. Ceci veut dire que Dieu habitera aussi dans une chair de péché aujourd'hui, en dépit de toute la culpabilité de la chair de péché, son influence, sa gloire, sa justice, son caractère se manifesteront n'importe où au travers de cette personne. En Christ a été montré le dessein du Père nous concernant. Tout ce qui fut fait en Christ l'était pour montrer ce qui sera fait en nous. Est-ce alors impossible de penser que tels que nous sommes, dans une chair de péché qui n'est que cendre et poussière, nous pouvons manifester la gloire du Seigneur, telle qu'elle est réfléchie à travers Jésus-Christ, la gloire du Seigneur brillant sur la face de Christ ? C'est notre partage de donner à la gloire de Dieu l'occasion de briller de merveilleux rayons.[12]

Quelle est la merveilleuse mais unique vérité adventiste qui brille au travers du message de 1888 ?

Luthérien, Calviniste, Méthodiste, Baptiste, Pentecôtiste ou tout autre non-adventiste, partisan de la justification par la foi, ne connaît rien de la purification du sanctuaire céleste, rien du Jour antitypique du Grand pardon. L'idée d'une préparation spéciale du coeur pour le retour de Jésus est obscurcie, si même elle est comprise. Notre message de 1888 est radicalement différent. Il envisage le triomphe de Christ dans la controverse qui l'oppose à Satan.

Le Seigneur a besoin d'un peuple désirant coopérer pleinement avec Lui dans les derniers jours. La Bonne Nouvelle est que Christ, comme Souverain Sacrificateur dans le ciel, purifie son sanctuaire. Ce n'est pas notre travail. Notre part est de collaborer avec Lui, laissons-Le faire. Et cessons de retarder Son retour par notre incrédulité.

Notes:

  1. Messages choisis, vol. l, p. 275-276.
  2. Christ notre Justice, p. 104.
  3. Jésus-Christ, p. 480.
  4. E.J. Waggoner, Signes des Temps, 1er mai 1893.
  5. A.T. Jones, R.H. 24 octobre 1899.
  6. Waggoner, Bible Echo, 15 févr. 1892.
  7. Jones, Bulletin de la Conférence générale, 1895, p. 367.
  8. Waggoner, Christ our Righteousness, p. 30.
  9. Jones, Bulletin de la Conférence générale 1893, p. 218.
  10. Waggoner, Christ and his righteousness, p. 66.
  11. E.G. White, Pour une vie meilleure.
  12. Jones, Bulletin de la Conférence générale 1893, p. 377, 380.