Pourquoi célébrons-nous le centenaire de la session de la Conférence générale de 1888 ? Pourquoi est-elle si spéciale ? Pourquoi ne célébrons-nous pas les autres centenaires : 1886, par exemple ?
1888 a été décrite par les historiens de l'Église comme « l'inoubliable » et la « plus décisive » de toutes nos Conférences générales, un point notable et décisif dans l'histoire des adventistes du 7e jour ... comme traversant un continent divisé ... abordant une nouvelle contrée.
Qu'est-ce qui rendit cette session « inoubliable et décisive ? » Ce fut :
a) le caractère du message spécial qui fut présenté,
b) la façon dont il fut reçu.
Le message fut réellement unique, le plus glorieux depuis le cri de minuit de 1844; sa réception fut la plus énergique résistance au Véritable Évangile qui soit survenue à l'intérieur du mouvement adventiste depuis son début.
L'histoire est toujours mêlée à des messages de vérité venant de Dieu. Nous ne pouvons pas convenablement apprécier l'Évangile de Jésus sans comprendre l'histoire de sa vie humble, son ministère, son rejet par les Juifs, sa mort ignominieuse sur la croix et sa résurrection. Il est tout aussi impossible de comprendre l'histoire de 1888 sans connaître l'histoire qui accompagna sa présentation. Nous nous reconnaissons dans la réaction de nos frères contre le Seigneur Jésus-Christ. La signification profonde de cette histoire est que « nulle chair ne se glorifie devant Dieu" (1 Cor. 1:29). Voilà le résultat de la véritable justification par la foi : s'humilier de tout orgueil humain.
Mais comprendre l'histoire de 1888 est une expérience positive et encourageante. La vérité est toujours une bonne nouvelle. Elle pourvoit toujours au futur en donnant de l'espérance parce qu'elle illumine les mystères du présent et révèle derrière les tragédies le déroulement de la grande controverse entre Christ et Satan. Finalement, notre expérience de 1888 fut une bataille perdue, mais nous n'avons pas perdu la guerre ! Afin de gagner celle-ci, nous devons comprendre pourquoi cette bataille fut perdue.
Alors que nous vivons une époque de rejets et d'hérésies, la vérité de 1888 affermit la confiance dans le triomphe final de l'Église Adventiste du 7e jour. La fin n'est pas encore là et quand nous comprendrons correctement notre passé, nous serons beaucoup mieux préparés pour comprendre le présent et rencontrer les périls du futur.
Le secret de l'opposition de 1888
Qui recula dans l'obscurité bien connue de l'opposition pendant et après la Conférence de 1888 ? (Apoc. 12:17)
Le grand ennemi de Christ est déterminé, si possible, à vaincre l'oeuvre finale de Dieu dans le monde. De 1844 à 1888, nos pionniers ont rencontré une forte opposition dans et en dehors de l'Église. Mais selon Ellen White, en 1888, l'opposition prit un nouveau tournant : elle vint se loger au sein des conducteurs de l'Église. Ceci commença un nouveau chapitre dans l'histoire de la Grande Controverse.
Quel don spécial du Saint-Esprit le « dragon » hait-il particulièrement ? (Apoc. 12:17; 19:10)
« L'esprit de prophétie » est le même qui fut donné à l'Église apostolique. (1 Cor. 12:28; Éph. 4:8-12). Les adventistes ont toujours reconnu que ce don fut renouvelé dans les derniers jours et manifesté dans le ministère d'Ellen White. La nature de l'opposition déraisonnable et persistante manifestée contre son ministère pendant 140 ans se révèle comme venant du « dragon ». Cette opposition atteignit son apogée en 1888.
Venant de l'extérieur, l'opposition de l'ennemi contre la dernière Église est centrée sur son observation des commandements de Dieu, comprenant le Sabbat du 7e jour. Du dedans, elle s'attaque au témoignage de Jésus-Christ, l'Esprit de prophétie.
En bref, quels furent les évènements marquants de la Conférence de 1888 et leurs suites ?
Le Seigneur envoya deux jeunes hommes avec un message unique de justification par la foi qui électrisa l'assemblée. Les membres du Comité voulaient leur imposer le silence, mais ils furent embarrassés de voir Ellen White les approuver avec enthousiasme. Selon elle, « l'opposition à ce message fut extraodinaire, la plus mystérieuse connue dans toute notre histoire. » Là, nos frères dirigeants ont tout simplement écarté l'Esprit de Dieu du peuple. « À cette assemblée, opposition plutôt qu'investigation est à l'ordre du jour. » « Je connus qu'à ce moment-là, l'Esprit de Dieu fut insulté. »[1]
En dépit de cette opposition, elle s'arrangea pour donner rendez-vous aux deux jeunes hommes pour parler dans les églises et les camps dans les mois qui suivirent. Partout où le message fut présenté, le résultat du réveil et de la réforme fut extraordinaire. Néanmoins, elle dit souvent que l'opposition influente du Comité de la Conférence générale continua secrètement sans être ébranlée.
L'irrésistible impulsion évidente dans les réveils, ajoutée à l'impact de blâmes répétés d'Ellen White amena finalement la confession de plusieurs frères. Ils reconnurent qu'ils s'étaient mis du mauvais côté. Mais après que les confessions furent faites, elle dit qu'aucun de ces premiers objecteurs ne retrouva ce qui fut perdu à la Conférence de 1888.[2] Elle décrit l'expérience qu'elle éprouva personnellement comme la plus éprouvante de sa carrière. En 1891, la Conférence générale l'exila en Australie pour près de dix ans[3]. Des années plus tard, elle jugea l'histoire de ces huit dernières années depuis 1888 comme une victoire pour Satan « dans une grande mesure » et « à un grand degré ».[4]
Mais ces deux membres de phrase nous donnent de l'espoir. La victoire de Satan n'était pas totale. Le mandat de terminer la proclamation de l'Évangile fut retardé pour au moins un siècle, mais la confrontation avec la vérité nous donne aujourd'hui une nouvelle opportunité pour la repentance. Cette histoire doit abaisser notre orgueil mais fortifier notre foi dans le Seigneur.[5]
La correcte identification du message de 1888
Quelle est l'image biblique correspondant au message qui nous fut donné à ce moment-là ? (Jérémie 5:24; Osée 6:3; Joël 2: 21-32; Actes 2:17-18)
De 1844 à 1888, Ellen White n'a jamais identifié aucun message comme étant le commencement de la pluie de l'arrière-saison; mais alors vint un grand changement. Ses nombreux exposés indiquèrent qu'en 1888 vint sa première effusion.[6] Nos frères ont prié depuis 1856 pour que la pluie de l'arrière-saison vienne, mais quand elle vint, ils n'ont pas reconnu ses lettres de créance. « De la même façon, dit Ellen White, les Juifs prièrent pour que leur Messie vienne, mais Il vint, ils ne Le reconnurent pas.
Quelle autre poignante prophétie biblique fournit la véritable identification du message de 1888 ? (Apoc. 18:1-4)
Les exposés, trop nombreux pour être cités, montrent comment Ellen White et ses contemporains virent le message de 1888 comme le « commencement » du travail du quatrième ange dont le message doit illuminer la terre de sa gloire, à la fin.[7] Ce message va plus loin que Luther, Calvin, Wesley, théologiens protestants ou catholiques et prédicateurs évangéliques du 19e siècle. Il contient la précieuse lumière, unique aujourd'hui encore.
Comment nos historiens adventistes ont-ils généralement identifié ce message ?
Ils ont dit, en général que le message de 1888 était une simple réaffirmation de la « doctrine protestante de la justification par la foi du 16e siècle », la même doctrine que celle de Luther, Wesley et de plusieurs autres serviteurs de Dieu.[8] Un auteur dit que le message était trouvé « dans le credo des Églises protestantes d'aujourd'hui »[9]. Ils ont toujours signalé ce message comme étant simplement la doctrine historique de la justification par la foi, celle à laquelle croient les Églises populaires. Cette raison est du même ordre que celle qui comparerait Jésus au grand Rabbi, en ignorant sa véritable identité de Messie et de Fils de Dieu.
Cette conception amène à une autre conclusion contradictoire : quelle est l'opinion courante des adventistes concernant la réception du message de 1888 ?
L'opinion courante est celle-ci :
a) Le message de 1888 fut accepté par la direction de l'Église, de sorte que la possession de cette doctrine est assurée.
b) L'opposition, à ce moment-là, fut insignifiante et limitée à quelques conservateurs, moins de dix pour être exact, c'est-à-dire une minorité annulée par la majorité fidèle.
c) Les confessions des opposants les ont amenés à transformer leur refus en acceptation.
d) Les réveils expérimentés par quelques jeunes pasteurs et laïques dans les mois qui suivirent la Conférence de 1888 prouvent que la Conférence générale et la Review and Herald donnaient leur agrément à ce message.
e) La Conférence générale de 1901 est considérée comme le dernier demi-tour opéré pour changer en victoire un rejet insignifiant qui pouvait encore subsister à cette date.[10]
f) Cette opinion populaire ou plutôt officielle établit logiquement que nous n'avons pas besoin d'étudier ce message de 1888 parce que, en général, nous le possédons déjà et nous le proclamons. Du reste le message de 1888 appartient réellement « à un musée, Modèle T » car nous avons élaboré maintenant un meilleur message.
Reste la question de savoir si les étincelles de notre savoir humain seront plus éclatantes que la lumière que le Seigneur nous envoie. (Ésaïe 50:10-11)
Quel message spécial le Seigneur Jésus adresse-t-Il à l'Église Adventiste du 7e Jour ?
La signification de la langue originelle échappe aux traducteurs : « Je dis : je suis riche et j'ai été enrichie. » Ceci éclaire l'histoire des Adventistes du 7e jour. Nous clamons avoir été enrichis en acceptant le message qui éclairait la terre avec gloire et préparait les croyants pour la translation. Cependant, personne n'a encore été enlevé au ciel et le grand cri n'a pas encore illuminé la terre. Donc, de deux choses l'une : ou bien le message n'était pas ce que pensait Ellen White, ou bien notre acceptation de ce message n'était pas ce que nous avons prétendu.
Que dit soeur White concernant la réception de ce message ?
Quelques-uns acceptèrent le message mais elle en parle toujours comme étant peu nombreux. Tandis que ceux qui le rejetèrent, elle les identifie par ce terme : « beaucoup ». Les principaux qui rejetèrent ce message étaient des hommes influents, des directeurs, des frères qui exerçaient une autorité. De la Conférence de Minneapolis, elle dit : « À cette assemblée ... opposition plutôt qu'investigation est à l'ordre du jour. « L'esprit et l'influence des ministres qui vinrent à cette assemblée était généralement d'écarter la lumière. » « Nos frères dans le ministère ici ont simplement écarté l'Esprit de Dieu du peuple. ... Je ne fus jamais aussi effrayée qu'à ce moment-là. ... Si les pasteurs ne veulent pas recevoir la lumière, je veux donner une chance au peuple; peut-être la recevra-t-il. »
Plus tard, elle dit : « Encore et encore, je portais mon témoignage à ceux qui étaient assemblés à Minneapolis, mais ce témoignage ne fut pas reçu. »
« Le Seigneur avait une bénédiction pour nous à Minneapolis ... mais il n'y avait pas de réception. Quelques-uns recevaient la lumière pour le peuple et se réjouissaient en elle. Mais d'autres se tinrent tout à fait en arrière et leur position a donné confiance aux autres pour parler avec incrédulité. »
« Des conducteurs impriment une marque à l'oeuvre et il en résultera la perte de beaucoup d'âmes » -- « L'Esprit de Dieu était présent en puissance parmi son peuple, mais il ne pouvait pas leur être accordé parce qu'ils n'ouvrirent pas leur coeur pour le recevoir. » -- « Ceux qui, dans des positions de responsabilité à Battle Creek ont rejeté la lumière ... se sont interposés entre la lumière envoyée par le ciel et le peuple. » -- « Les laïques et les jeunes ministres auraient reçu le message de bon coeur si ce n'avait été la résistance persistante des conducteurs. »[11]
Ellen White dit que les opposants les plus influents, lesquels se confessèrent plus tard, retournèrent à leur position antérieure d'opposants. De plusieurs d'entre eux, elle fut contrainte de dire : « Le même esprit qui anima les ennemis de Christ reste dans leur coeur. » Sur le nombre total des opposants, « pas un » ne retrouva jamais l'expérience ou la puissance qu'ils avaient perdues.
En ce qui concerne la Conférence générale de 1901, elle dit : « Son résultat spirituel fut le plus grand, le plus terrible chagrin de ma vie. ... Aucun changement ne fut fait. »[12]
Quel rapport nous est donné par des témoins authentiques présents à la Conférence de 1888 ?
« Qu'est-ce que les frères ont rejeté à Minneapolis ? (quelques voix dans l'assemblée : "Le grand cri !") Qu'est-ce que ces frères ont rejeté dans la redoutable position qu'ils avaient adoptée ? Ils ont rejeté la pluie de l'arrière-saison, le grand cri du 4e ange. ... Et frères, le temps est venu de reprendre ce soir ce que nous avons rejeté. »[13]
« En 1888, je fus envoyé comne délégué de la Conférence de Kansas à la Conférence générale tenue cette année à Minneapolis, Minnesota, cette notable conférence dont plusieurs se souviendront pendant longtemps. ... Je fus désolé pour chacun de ceux qui étaient à la Conférence de Minneapolis en 1888 et qui ne reconnaissaient pas qu'il y avait eu opposition et réjection du message que le Seigneur envoyait à Son peuple à ce moment-là. »[14]
« L'auteur de ce tract, alors un jeune homme, était présent à cette assemblée de 1888 et vit et entendit diverses choses qui étaient dites et faites en opposition au message alors présenté. ... Quand Christ fut élevé comme seul espoir pour l'Église et pour le monde, les interlocuteurs rencontrèrent une opposition conjuguée de presque tous les anciens ministres. Ils essayaient de mettre un arrêt à l'enseignement de Waggoner et Jones. »[15]
« Ils sont plusieurs dans cette assemblée (1901) qui peuvent se souvenir ... quand il y a treize ans à Minneapolis, Dieu envoya un message à Son peuple. ... Pendant ces treize années passées, cette lumière a été rejetée et transformée par plusieurs; ils la rejettent et se détournent loin d'elle aujourd'hui. »[16]
Un ancien Président de la Conférence générale qui ne fut pas présent à la Conférence de 1888, mais qui connaît très bien son histoire, dit : « Le message n'a jamais été reçu, ni proclamé, ni donné librement comme il aurait fallu, afin de communiquer à l'Église les bénédictions illimitées qu'il contenait. »[17]
Comment une compréhension de cette vérité de notre histoire peut-elle apporter espoir et encouragement pour le futur ? (Apoc. 3:18-21)
Nous pouvons répondre à l'appel de repentance de notre Seigneur. La vérité est toujours une bonne nouvelle. Notre Seigneur nous conseille « d'acheter » cet « or purifié par le feu » en livrant nos idées fausses en échange de la vérité, comme nous échangeons l'argent pour quelque chose que nous voulons acheter. Le message à Laodicée est adressé premièrement aux conducteurs de l'Église à tous les niveaux. Si nous voulons écouter Sa voix et croire ce qu'Il dit, ces bénédictions longtemps attendues, la pluie de l'arrière-saison et le grand cri, peuvent devenir une réalité dans cette génération.
Notes: