Juillet 1886
1. E. J. Waggoner publie une série de leçons dans la revue Signs of the Times sur les deux lois [morale et cérémonielle], en réponse à un article de O. A. Johnson dans le numéro du 13 avril de la Review and Herald.
2. G. I. Butler (président de la Conférence Générale) et Uriah Smith (éditeur de la Review) sont bouleversés par les études de Waggoner, croyant qu'elles constituent la répétition d'une erreur déjà rencontrée précédemment.[1]
3. La question est soumise à Ellen White. Après un long silence, elle répond. Elle ne dit rien concernant les questions théologiques qui sont discutées. Elle écrit cependant à Waggoner, l'enjoignant de ne rien présenter dans les revues qui n'ait d'abord été apporté aux frères.
4. Butler prend la lettre d'Ellen White à Waggoner comme une approbation de sa position. Butler prépare un pamphlet, La loi dans l'Épître aux Galates, en vue de la prochaine Conférence Générale et tente même de le faire approuver par vote, en tant que position officielle de l'Église.
1887
1. Ellen White écrit à Butler et lui mentionne qu'il n'a pas agi correctement dans cette affaire. Ayant déjà publié ses vues, il doit permettre à Waggoner de présenter aussi les siennes. Butler et Smith sont ahuris.[2]
2. Waggoner écrit une lettre qui deviendra plus tard un pamphlet, L'Évangile dans l'Épître aux Galates, qui est distribué dans le cadre de l'Église.
1888
1. Une lettre est envoyée par un frère de la côte ouest au bureau de la Conférence Générale prétendant que Waggoner et Jones se rendront à la Conférence de Minneapolis pour y présenter leur « nouveau » point de vue. On insinue même qu'Ellen White et son fils Willie ont été persuadés d'accepter la position des deux hommes.
2. Certains des frères de Battle Creek sont très agités. Butler est incapable d'assister aux réunions de Minneapolis mais il envoie une directive de « soutenir fermement les anciens piliers ».
3. À la Conférence Générale qui eut lieu en octobre et novembre, Waggoner et Jones présentent des leçons qui traitent de la justification par la foi. « Dieu a donné à ses serviteurs [Waggoner et Jones] un témoignage qui présentait la vérité telle qu'elle est en Jésus, c'est-à-dire le message du troisième ange en traits clairs et distincts. »[3]
1889
1. Après la réponse positive d'Ellen White à la présentation des deux hommes à Minneapolis, elle commence à parcourir le pays pour proclamer l'Évangile, en compagnie de Jones, Waggoner ainsi que J. H. Kellogg.[4]
2. Waggoner et Jones enseignent par la suite au Collège de Battle Creek. Waggoner est approché par C. H. Jones pour réécrire quelques leçons de l'Épître aux Hébreux que son père, J. H. Waggoner, avait produites. Certaines de ces leçons avaient été perdues et devaient être refaites en prévision de l'École du Sabbat du premier trimestre de 1890. Waggoner accepte mais il est clair qu'il ne partage pas la même position que son père sur la question des deux alliances. Il reçoit la permission de réécrire environ dix leçons.[5]
3. Les leçons révisées sont distribuées au Comité des publications de la Conférence Générale avec une lettre d'introduction expliquant les changements effectués. Uriah Smith commet l'erreur fatale de ne regarder que l'identité de l'auteur (J. H. Waggoner) et les envoie pour publication sans lire la lettre qui les accompagne.
Janvier 1890
1. Les leçons révisées de l'École du Sabbat sont imprimées. Uriah Smith est surpris et croit que Waggoner l'a trompé en présentant son propre point de vue. Smith fait donc part de son désaveu dans le numéro du 28 janvier de la Review.
2. Ellen White réagit rapidement en écrivant à Uriah Smith. Elle déclare qu'il était mal venu de s'exprimer ainsi, qu'il mine sérieusement son oeuvre, et qu'il témoigne d'une très mauvaise attitude envers le frère Waggoner. Plus encore, elle affirme clairement qu'il lui a été montré que Waggoner était correct sur le sujet des alliances. Smith perd son temps à tenter de prouver que Waggoner est dans l'erreur, projet dans lequel il a été impliqué déjà depuis 1887.[6]
3. L'Église a maintenant été exposée aux leçons de Waggoner sur les alliances. Les étudiants du Collège de Battle Creek se sont vus refusés la possibilité de les étudier en classe. Bref, beaucoup de gens de l'Église sont au courant de l'affaire et sont intéressés à connaître la vérité.
4. Une réunion est convoquée à Battle Creek, impliquant tous ceux qui sont mêlés à la controverse. Finalement, on révèle l'existence de la lettre provenant de Californie et les deux parties s'entendent pour dire qu'elle en a conduit plusieurs à faire montre de préjugés à Minneapolis, non seulement envers Waggoner et Jones, mais aussi envers Ellen White. Waggoner et White affirment tous deux qu'ils ne sont pas intéressés à discuter théologie à moins d'un changement marqué dans l'esprit avec lequel on aborde le sujet. L'opposition l'interprète comme signifiant qu'Ellen White n'endosse pas nécessairement les idées de Waggoner, mais qu'elle leur reproche de n'avoir tout simplement pas été aussi courtois qu'ils auraient dû l'être.[7]
1891
1. Waggoner est envoyé en Europe pour y aider l'oeuvre.
1892
1. Ellen White est envoyée en Australie. Ceci n'était pas en accord avec la lumière reçue de Dieu. Elle aurait dû demeurer à Battle Creek pour collaborer à l'oeuvre des publications. Le président de la Conférence Générale a « agi comme Aaron au mont Sinaï ».[8]
1896
1. « Le refus d'abandonner des idées préconçues et d'accepter la vérité explique en grande partie l'opposition qu'a rencontrée à Minneapolis le message du Seigneur présenté par les frères [E. J.] Waggoner et [A. T.] Jones. En suscitant cette opposition, Satan a réussi dans une grande mesure à priver notre peuple de la puissance extraordinaire du Saint-Esprit que Dieu désirait ardemment lui communiquer. L'ennemi l'a empêché d'obtenir cette efficacité qui aurait pu caractériser leur proclamation de la vérité au monde, comme ce fut le cas pour les apôtres après la Pentecôte. On a résisté à la lumière qui doit éclairer le monde entier de sa gloire, et l'action de nos propres frères a grandement contribué à priver le monde de cette lumière. »[9]
1907
1. Les leçons du troisième trimestre de l'École du Sabbat portent sur le sujet des alliances. A. T. Jones est bouleversé de constater qu'elles reflètent un point de vue opposé à celui donné en 1888-1893 et approuvé par Ellen White. Il indique que l'opposition au message original semble avoir refait surface après une période de silence. La question subsiste: « L'Église a-t-elle réellement accepté la lumière que Dieu lui a envoyée? »[10]
Notes: