L'Église vaudoise des vallées du Piémont

Chapitre 5

Colonies de l'Église vaudoise (suite)

En retraçant l'histoire des colonies vaudoises de Provence, nous aurons souvent recours au travail érudit d'un écrivain contemporain qui a fait de ce sujet l'objet spécial de ses recherches.

Outre les faits nouveaux et intéressants qu'il a mis en lumière touchant les colonies elles-mêmes, l'auteur des Vaudois de Provence a très nettement établi la différence qui existe entre ce rameau détaché de l'Église des Vallées du Piémont et les autres sectes chrétiennes que leurs adversaires confondaient dans la même appellation injurieuse d'hérétiques.

La citation suivante contribuera, nous l'espérons, à lever tous les doutes sur cette question si souvent débattue.

« Les Vaudois de Provence sont une des colonies originaires de ces Vaudois des Vallées du Piémont, dont une opinion vivement controversée et fortement soutenue fait remonter le christianisme aux temps de la primitive Église... Les auteurs n'ont pas parfaitement déterminé l'époque où les premières familles vaudoises ont commencé à s'établir en Provence. Selon Nicolaï d'Arles, de l'Académie des inscriptions, dont nous possédons plusieurs manuscrits, il faudrait supposer que les Vaudois des Vallées du Piémont ont envoyé, bien plus anciennement qu'on ne croit, une de leurs colonies en Provence. Indépendamment, dit-il, des traditions historiques qui tendent à le démontrer, la langue dont se servent nos Vaudois dans leurs prières est en partie piémontaise et en partie provençale, avec ceci de remarquable que la dernière domine et fait comme le fond de la langue [1].

Néanmoins on ne peut contester qu'une grande opposition à l'Église romaine n'ait existé longtemps avant eux dans le midi de la France, où elle se faisait déjà remarquer puissante et nombreuse dès l'an 1228.

On voit, en effet, par les lettres que les archevêques, d'Arles, d'Aix et de Narbonne écrivirent aux inquisiteurs nouvellement établis, que les dissidents, malgré les arrêts de mort exécutés contre eux, se multipliaient tellement, dans ces divers diocèses, qu'il était impossible de trouver des prisons assez vastes pour les renfermer.

C'étaient des sectaires de toute opinion, des disciples de Pierre de Bruys, d'Arnold, d'Esperon, de Joseph, etc... qui firent souvent dégénérer leur zèle religieux en de turbulentes exagérations; mais notre humble colonie ne doit être confondue ni avec eux, ni avec les partisans politiques que les comtes de Toulouse trouvèrent en Provence et dans le comtat Venaissin lors des croisades contre ces malheureux Albigeois qui n'ont régné qu'un moment, et dont nous ne connaissons les croyances que par leur constance à souffrir et par les calomnies de leurs adversaires, qui furent leurs juges et leurs bourreaux [2].

» Les historiens admettent généralement, » dit encore le même auteur, « qu'en 1495 on descendre des Alpes un peuple nouveau, aguerri aux pénibles travaux des champs, habile à planter la vigne et l'olivier, honnête, joignant ses mains calleuses pour prier Dieu après le travail : ce sont des Vaudois excommuniés de l'autre côté des Alpes, appelés de ce côté-ci à cause de leur activité et de leurs vertus, préférés aux hommes du Midi qui se couchent et dorment au soleil.

» Ils avaient été amenés des hautes montagnes du marquisat de Saluces par les seigneurs de Boulier-Cental et de Rocca Sparviera, qui avaient acquis en Provence la possession d'un district désert au nord de la Durance.

» La contrée occupée par les nouveaux colons s'étendait à une distance de six ou sept lieues le long de la montagne du Léberon [3], dernier rameau des Alpes, qui séparait la Provence du comtat Venaissin.

» C'est sur le revers méridional et du côté de la Durance, dans la vallée d'Aigues et dans la région vraiment provençale, que s'établit la majeure partie de ces Vaudois. Là se trouvent les villages de Mérindol, de Lourmarin, de Villelaure, de Cabrières-d'Aigues, de Lamothe, de Saint-Martin, de Peypin et plusieurs autres. Sur le revers septentrional du Léberon, les autres Vaudois se fixèrent surtout à Lacoste, et, plus loin, à Cabrières-du-Comtat, près de la fontaine de Vaucluse. »

Ce sont ces agriculteurs qui repeuplèrent un pays privé de ses travailleurs par l'arbitraire et la tyrannie des seigneurs. Ce sont ces prétendus hérétiques qui, en se mêlant aux indigènes dont ils adoucirent les moeurs, changèrent subitement l'aspect d'une contrée déserte et couverte de forêts.

Il est probable qu'ils trouvèrent quelques restes de la dispersion des Albigeois dans la Provence, et qu'ils éprouvèrent moins de préjugés et des dispositions moins hostiles dans une contrée peuplée d'hommes pleins d'esprit et de pénétration, et dont la civilisation romane, la langue et quelques libertés traditionnelles faisaient une nation distincte, au moins plus avancée dans ces temps de féodalité et d'oppression.

Ils avaient mérité, par une fidélité scrupuleuse et un travail intelligent, la protection des seigneurs qui voulaient bien passer sur l'hérésie de ceux qui se distinguaient autant par la piété que par l'activité et l'économie, et dont ils retiraient de si grands avantages.

Ils amenèrent avec eux leurs femmes et leurs enfants; ils se firent aussi accompagner de leurs barbes. Grâce aux moeurs et aux habitudes laborieuses de ces étrangers, le sol stérile et abandonné se transforma bientôt en un jardin des plus fertiles. Ils y recueillirent en abondance le blé, le vin, l'huile, le miel, les amandes, tandis qu'ils élevèrent dans les montagnes du Léberon d'innombrables troupeaux.

C'est ainsi que Dieu bénit, même dès cette vie, le travail persévérant de ceux qui vivent dans sa crainte et dans son amour.

Pendant les cent cinquante premières années de son établissement sur les bords de la Durance, la jeune colonie jouit d'une paix parfaite, vivant pour ainsi dire ignorée de ses ennemis et à l'abri des persécutions sanglantes dirigées contre les hérétiques de toutes dénominations, qui pullulaient dans le midi de la France depuis le douzième siècle. On a supposé que, par quelques actes de soumission apparente au culte dominant, par le mystère de ses assemblées religieuses, ce peuple rustique et pauvre avait échappé aux soupçons; que les seigneurs, intéressés à conserver des sujets dévoués, les couvraient de leur protection, et qu'ils étaient oubliés par le haut clergé, toujours absent et assez insouciant, pourvu qu'il touchât ses dîmes et ses prébendes, et par le bas clergé, très ignorant ou partisan secret.

Le premier acte d'hostilité dirigé contre eux date du commencement du seizième siècle. Vers l'an 1506, quelques fanatiques insinuèrent à Louis XII que ces Vaudois étaient dangereux et qu'il fallait les exterminer. Le Père du peuple répondit noblement : « Je suis roi sur mon peuple pour lui faire justice, ce que je ne puis faire sans ouïr avant de les condamner, quand ce seraient des Turcs ou des diables. »

Il envoya des commissaires qui visitèrent les lieux et trouvèrent « qu'il n'était rien des sorcelleries, paillardises ou autres crimes dont on les accusait, qu'ils gardaient les dimanches, faisaient baptiser leurs enfants selon la primitive Église, et leur enseignaient les commandements de Dieu... »

Le roi, ayant ouï le rapport des commissaires, dit avec grand serment qu'ils étaient plus gens de bien que lui et le reste de son peuple, et leur accorda sa protection jusqu'à la fin de son règne.

Quelque trente années s'écoulèrent ainsi pendant lesquelles les Vaudois, toujours plus humbles et plus réservés, payant exactement la dîme et les redevances seigneuriales, célébrant leur culte dans les bois ou dans les cavernes du Léberon, réussirent à se faire oublier de leurs implacables adversaires.

Mais l'orage, un moment conjuré, se reforma bientôt, plus menaçant que jamais. Voici dans quelles circonstances il se déchaîna sur ces paisibles Vallées.

On était en 1530. Le mouvement irrésistible de la Réforme, qui entraînait alors l'Allemagne entière loin de Rome, s'était rapidement propagé jusque chez les Vaudois de Provence. Les Réformateurs auxquels ils avaient envoyé une députation, de concert avec leurs frères du Piémont, les engagèrent vivement à sortir de leur réserve, leur reprochant comme une dissimulation de ne célébrer leur culte qu'en secret. Nous reviendrons plus loin sur cette députation fameuse, sur la convocation des synodes de Mérindol et d'Angrogne, l'adoption d'une confession de foi plus biblique, et la traduction des saintes Écritures en français, qui en furent les heureuses conséquences.

Malheureusement, l'intérêt que ces colons, naguères si obscurs et si paisibles, commençait à inspirer aux Réformés des contrées les plus éloignées la résolution ferme et courageuse qu'ils avaient prise de renoncer à tout compromis avec l'Église de Rome, enfin l'attitude nouvelle de ce peuple, qui réunissait ses notables et ses ministres en assemblées publiques, qui envoyait et recevait des délégués, attira l'attention du clergé catholique, qui mit tout en oeuvre pour amener la destruction de ces hérétiques.

C'est en effet vers l'an 1530 que s'ouvrit cette série de persécutions qui aboutirent à la grande persécution de 1545.

François Ier occupait alors le trône de France. Dès son avènement, ce roi chevaleresque et voluptueux ne songea qu'à sa gloire et à ses plaisirs, et tant qu'il y eut de la gloire et des plaisirs, il n'écouta point les plaintes que le clergé jaloux exprimait contre les paisibles habitants du Léberon; mais lorsque le plaisir passé eut laissé après lui des regrets et des stigmates honteux, l'homme qui avait mis sa gloire à encourager les lumières en France songea à les éteindre dans les pauvres vallées de la Provence.

Les accusations d'hérésie, d'impiété, d'athéisme n'ayant pas suffi pour obtenir du roi qu'il sévît contre eux, on leur imputa de nouveaux crimes. On leur reprocha de se livrer à des saturnales nocturnes, de fabriquer de la fausse monnaie, de s'adonner à la magie. Cette dernière inculpation accréditée, il ne leur restait aucun moyen de justification. Aussi toutes les calamités qui survenaient au pays : le débordement des fleuves, les ravages de la grêle, les disettes, ne manquaient pas d'être attribués à leurs maléfices.

Par ses lettres patentes du 2 mars 1538, le roi déclare que son procureur général de Provence lui a fait entendre « que les hérétiques se mettent en armes et assemblées, se rebellent contre la justice, se retirant en places et châteaux malaisés à avoir, où publiquement tiennent leurs hérésies. Il mande à messieurs du Parlement punir à toute rigueur lesdits hérétiques et ceux qui leur auraient adhéré ou donné secours; décerner contre eux prise de corps et bannissement; procéder par confiscation de leurs biens et jusques à abolition et ruine desdits lieux. »

En mai 1540, dix-neuf habitants de Mérindol sont cités devant la cour d'Aix; mais secrètement prévenus « qu'ils seraient brûlés sans forme de procès, » ils se gardent de comparaître. La Cour rend contre eux un arrêt appelé dès lors l'Arrêt de Mérindol qui les condamne par défaut « à estre brûlés et ards tous vifs... et au regard des femmes, enfants, serviteurs ou famille de tous ces dessus défaillants et condamnés, la dite Cour les a défiés et abandonnés à tous pour les prendre et représenter à justice afin de procéder contre eux à l'exécution des rigueurs et peines de droit... et au cas qu'ils ne puissent être pris ou appréhendés dès maintenant les a tous bannis du royaume... avec interdiction d'y entrer ni venir sous peine de la hard et du feu, et déclare les biens des dessus dits... être confisqués... et au surplus attendu que... Mérindol est la retraite... de gens tenant telle secte damnée et réprouvée, la Cour ordonne que toutes les maisons et bastides du lieu seront abattues, démolies et abrasées, et ledit lieu rendu inhabitable, sans que personne y puisse réédifier ni bâtir, si ce n'est par le vouloir et permission du roi [4]... »

La honte monte au visage et le coeur se serre devant un pareil monument d'injustice et de cruauté. L'on a peine à croire qu'une Cour de parlement ait pu condamner de la sorte dix-neuf prétendus hérétiques et avec eux tout un village. Aussi sommes-nous heureux de pouvoir ajouter, à la décharge des membres du parlement d'Aix, que la plupart d'entre eux, et notamment le président Chassanée, demandèrent un sursis et opposèrent une vive résistance aux sollicitations du clergé.

L'exécution de l'arrêt de Mérindol paraissait indéfiniment ajournée quand l'archevêque d'Arles et l'évêque d'Aix, assistés de plusieurs abbés et prieurs, de quelques chanoines et de leur prévôt, se réunirent à Avignon et formèrent une espèce de concile où ils se concertèrent sur les moyens à prendre pour amener l'extinction d'une secte dont les doctrines compromettaient l'autorité de l'Église romaine et de ses dignitaires.

Un docteur en théologie nommé Bassinet, présent à la séance, opina, au grand étonnement général, pour que rien ne se fît à la légère. « Je suis contraint de l'avouer, » dit-il, « j'ai signé bien précipitamment plusieurs procès de ceux dits hérétiques, toutefois je puis déclarer devant Dieu que je n'ai point eu de repos en ma conscience, depuis que les juges séculiers ont condamné à mort ceux que nous avons déclarés hérétiques. Et la cause en est que depuis quelque temps je me suis adonné à regarder de près les saintes Écritures et ai trouvé que plusieurs des propos des luthériens y sont assez conformes. Toutefois, pour maintenir l'honneur de notre sainte mère Église, de notre saint père le pape et de notre ordre, il me semble qu'il suffira de condamner à certaines amendes pécuniaires. »

Ces propositions excitèrent tellement l'indignation de l'assemblée, qu'elle vota sur-le-champ l'expulsion de l'audacieux docteur. « On en a brûlé, » disait-on, « qui ne l'ont pas si bien mérité que lui; ces coquins de moines gâtent tout. »

Le conciliabule, interrompu par cet incident, fut repris, et les prélats convinrent de faire eux-mêmes les frais de l'expédition contre Mérindol.

Les Vaudois persécutés trouvèrent un autre défenseur dans le cardinal Sadolet, qui ne craignit pas de plaider leur cause auprès du pape et reçut avec indulgence la requête des notables de Cabrières et leur confession de foi, dont il se contenta de blâmer certaines expressions trop énergiques contre les prêtres.

« Il est vrai, » leur dit-il, « que des hommes inconséquents ont répandu sur votre compte des choses qui mériteraient de graves répressions; mais lorsque nous avons recherché avec plus de soin la chose elle-même, nous avons trouvé que ce n'étaient que de noires calomnies et de fausses incriminations. Quant à moi, je serai marri, si on vous détruit comme on l'a entrepris, et afin que vous entendiez mieux l'amitié que je vous porte, je me trouverai tel jour en ma maison de Cabrières, et là vous pourrez venir et vous en retourner plus sûrement en petit ou en grand nombre, sans que nul vous fasse déplaisir, et je vous avertirai de ce qui semblera être à votre salut et profit. »

Ce n'étaient point là de vaines promesses. Quelque temps après, le vice-légat d'Avignon se disposait à investir Cabrières avec une armée à la tête de laquelle se trouvaient des religieux et des prêtres chargés non d'instruire, mais de tuer, lorsque le digne pasteur intervint courageusement et en détourna pour cette fois le meurtre et le pillage. En outre, au moment de quitter son diocèse pour se rendre à Rome, il réunit les habitants de Cabrières, ainsi que la plupart de ses fermiers, qu'il choisissait de préférence parmi les Vaudois, et leur déclara qu'aussitôt arrivé il communiquerait leurs articles de foi et travaillerait avec les cardinaux à faire une bonne réformation. Il leur recommanda enfin d'être prudents à cause de leurs ennemis, et leur promit de se souvenir d'eux [5].

Hélas! le pieux évêque avait trop présumé de la cour de Rome. Il mourut presque subitement, après avoir reçu les sacrements. Plusieurs historiens ont donné à entendre qu'il aurait été empoisonné par ceux qui redoutaient la réforme des moeurs qu'il réclamait et dont il donnait de si beaux exemples.

Cependant on avait dit au roi que les hérétiques se réunissaient en grand nombre, qu'ils construisaient des forts et des retranchements, que déjà il faudrait deux mille hommes pour les réduire, que plus tard un plus grand déploiement de forces deviendrait nécessaire. D'un autre côté, l'évêque d'Aix vint trouver le président Chassanée pour lui déclarer l'intention des prélats de contribuer aux frais de l'exécution de l'arrêt de Mérindol. Il employa tour à tour la flatterie, les promesses et les menaces. Le président se débattit en vain contre les artifices de l'évêque : il fallut céder.

Bientôt la Provence retentit du bruit des armes. Les habitants de Mérindol, tremblants, consternés, se recommandaient par de ferventes prières à Celui qui semblait les abandonner. Les hommes chargeaient sur leurs épaules tout ce qu'ils pouvaient emporter, emmenant avec eux leurs femmes et leurs enfants éplorés. Les villages étaient devenus déserts, quand tout à coup les troupes se retirèrent. Contre-ordre avait été donné. Les Vaudois rentrèrent chez eux : tout danger semblait conjuré.

Cette retraite subite était due à l'intervention providentielle de Jacques Raynaud, seigneur d'Alenc, gentilhomme d'Arles, aussi instruit dans les saintes lettres que savant en droit civil. Ému de pitié pour tant de malheureux qu'on allait égorger, et dans le sentiment qu'une grande injustice allait se commettre, il s'était rendu auprès du président Chassanée et lui avait prouvé que cette manière de procéder contre des accusés sans les avoir entendus était contraire au droit naturel. Entre autres arguments il se servit d'une histoire plaisante arrivée au célèbre jurisconsulte.

« Qu'il me soit permis, » lui dit-il en terminant, « de vous rappeler un fait auquel vous avez eu part et que vous-même rapportez dans votre livre intitulé : Catalogus glorioe mundi. Pendant que vous étiez avocat du roi, une multitude de rats désola le bailliage de l'Auxois; on se pourvut par-devant l'official du diocèse pour les faire excommunier. L'official, ouï la plainte du procureur fiscal, ordonna que les rats seraient cités à son de trompe dans les carrefours d'Autun. Les trois jours expirés, le procureur prit défaut et demanda que l'on fît droit sur l'excommunication. Il fut délibéré qu'auxdits rats absents serait pourvu d'un avocat, attendu qu'il s'agissait de leur ruine totale. Vous vous chargeâtes de leur cause et fîtes voir que la citation était nulle. Les rats furent donc cités aux prônes des paroisses où ils faisaient dommage. Après la citation, le procureur fiscal ne manqua pas de se montrer; mais vous représentâtes que les chats étaient en embuscade sur les chemins, et que les défaillants n'avaient que de trop justes raisons d'absence. »

» Ce plaidoyer, dans une manière burlesque, vous fit beaucoup d'honneur, parce que vous y montrâtes adroitement avec quelle retenue on doit agir dans les procédures criminelles. Vous donc qui avez enseigné les autres, ne voulez-vous pas prendre conseil de vous-même et de votre livre? Ah! monsieur, il ne s'agit point ici de rats, mais d'hommes et de chrétiens ! »

Ce discours ingénieux et éloquent avait ému le président, qui avait aussitôt rappelé les troupes, et nous sommes heureux d'ajouter qu'à dater de ce jour il fut définitivement gagné à la cause de la tolérance et se montra le défenseur des Vaudois persécutés.

L'arrêt de Mérindol étant parvenu à la connaissance du roi François Ier, ce monarque voulut se rendre compte par lui-même de cette grave affaire et chargea Dubellay, seigneur de Langey, son lieutenant dans le Piémont, de lui expédier copie de l'arrêt, d'y joindre les informations les plus précises sur les habitants de Mérindol et généralement sur tous les Vaudois de Provence.

Le rapport élogieux qu'il reçut pourrait paraître entaché d'exagération s'il n'était l'oeuvre d'un ennemi. Nous en détachons les passages les plus saillants.

« Relativement à leurs moeurs et à leurs doctrines religieuses, la plupart des Provençaux affirment qu'iceux persécutés sont gens de grand travail, qu'auparavant qu'ils vinssent habiter au pays, le lieu de Mérindol amodié (affermé) coustumièrement pour environ quatre écus par an, était venu à plus de trois cent cinquante écus d'amodiation annuelle au seigneur; que lesdits de Mérindol et autres persécutés étaient gens paisibles, travailleurs, aimés de tous leurs voisins, gens de bonnes moeurs, gardant leurs promesses et payant bien leurs dettes sans se faire plaidoyer; charitables, ne permettant qu'aucun d'entre eux eût nécessité; aumôniers aux étrangers et aux pauvres passans selon leur pouvoir; connus entre les autres du pays, parce qu'on ne peut les induire à blasphémer ou nommer le diable, ni aucunement jurer si ce n'est en jugement ou passant quelque contrat.

» Nous ne savons autre chose contre de telles gens, poursuit le rapporteur, sinon qu'on ne les voit guère aller à moustier, et s'ils y entrent, ils font leurs prières sans regarder ni saints ni saintes, et que par les chemins ils passent devant les croix et les images sans faire aucune révérence. »

Les prêtres aussi attestaient qu'ils ne faisaient dire aucune messe, qu'ils n'allaient pas en pèlerinage gagner les pardons, « qu'ils ne faisaient signe de croix quand il tonnait et qu'on ne leur voyait aucune offrande ni pour les vivants ni pour les morts [6]. »

Après avoir lu ce rapport, le roi délivra, le 8 février 154l, de nouvelles lettres patentes par lesquelles il pardonnait à tous les Vaudois de Mérindol et des autres villages, pourvu que dans trois mois ils se convertissent à la foi catholique.

Le Parlement fit afficher ces lettres et enjoignit à tous les suspects d'hérésie de se présenter par-devant la Cour dans le délai fixé.

Les Vaudois, mis ainsi en demeure d'abjurer, eurent de nouveau recours au président Chassanée et lui soumirent un exposé de leurs doctrines et de leur conduite, en le suppliant de plaider leur cause auprès du Parlement.

Nous ne pouvons reproduire ici cette déclaration, modèle touchant de modération et de piété chrétienne, conservée en entier dans les archives d'Aix. Nos lecteurs la trouveront reproduite dans l'ouvrage auquel nous avons fait de fréquents emprunts [7].

Avant de procéder contre les Vaudois, il fut décidé que des commissaires et des ecclésiastiques seraient envoyés pour les convaincre et les faire rentrer au giron de l'Église. Deux membres du Parlement, l'évêque de Cavaillon et un docteur en théologie furent chargés de cette mission. Mais l'évêque, jaloux de confondre tous ces hérétiques illettrés, devança l'époque et arriva seul avec le docteur.

Après une tentative fort peu encourageante auprès des parents, il fit venir les enfants et, leur jetant préalablement quelques pièces d'argent, engagea avec eux le dialogue suivant que nous reproduisons textuellement.

L'Évêque de Cavaillon. -- Récitez-moi le Pater et le Credo.

Les Enfants (après avoir récité). -- Nous ne pourrions expliquer cela ni rendre compte de notre foi qu'en français.

L'Évêque. -- Il n'est pas besoin de tant de science; c'en est assez que vous sachiez et reteniez ces prières en latin, car il y a beaucoup d'évêques et de curés, voire même de docteurs en théologie, à qui il suffit seulement de pouvoir présenter une simple paraphrase de l'Oraison dominicale et du Symbole des apôtres.

André Meynard (syndic de Mérindol). -- Et que servirait, je vous prie, de proférer des mots que l'on ne comprend pas, et de réciter comme un perroquet (psittaci more) le Pater et le Credo ? Certes ne ment-il pas et ne se moque-t-il pas de Dieu celui qui, sans les comprendre, se permet de dire ces paroles : Je crois en Dieu et qui en ignore la valeur.

L'Évêque. -- Et comprends-tu toi-même ce que signifient ces paroles : Je crois en Dieu ?

(Ici, André Meynard commence à rendre raison de sa foi.)

L'Évêque. -- Je ne croyais pas, morbleu ! qu'il y eût tant de docteurs à Mérindol.

André Meynard. -- Quoi !... et le moindre d'entre nous pourrait vous exposer les principes de notre foi, mieux encore que moi-même; mais essayez, comme je désire d'en faire l'essai sur un des enfants qui sont ici, ou du premier venu, afin que vous puissiez juger s'ils ne sont pas convenablement instruits.

Ici, ajoute l'historien, l'évêque, qui n'était guère dans le cas d'interroger ou de répondre, cachant sa honte sous un frémissement d'indignation, ne répliqua rien, ce dont s'apercevant l'archisyndic ou préfet de Mérindol, lui dit : « Seigneur, si vous voulez permettre que l'un de ces petits interroge lui-même ses camarades, ils s'y prêteront volontiers. » L'évêque le permit.

Alors, dit encore Camerarius, l'un de ces enfants commença à interroger les autres avec une gravité et une grâce toute charmante; vous l'auriez dit tout à fait faisant l'office d'un professeur. Les autres enfants répondaient tour à tour à ses questions avec tant d'aisance et de justesse que les auditeurs n'en étaient pas médiocrement étonnés. Un des religieux qui accompagnaient l'évêque ne put contenir son admiration et s'écria : « Il faut que je confesse ici que j'ai été souvent à la Sorbonne, à Paris, entendre les disputes qui se faisaient sur la théologie; mais je n'ai jamais appris tant de bien que j'ai fait en entendant ces enfants. »

-- N'avez-vous pas lu dans saint Luc, lui répondit un des assistants vaudois, ces paroles de Jésus-Christ : « Je te rends grâces, ô mon Dieu, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et de ce que tu les as révélées aux petits enfants [8]. »

Pauvres enfants ! l'heure approchait où ils allaient être appelés à mettre en pratique les enseignements confiés à leur mémoire et gravés dans leur coeur.

L'évêque, ne sachant plus à quel expédient se rattacher pour atteindre son but, recourut, en désespoir de cause, à la flatterie, aux caresses, et supplia les habitants de Mérindol de faire, pour la forme et seulement devant lui, une abjuration générale, ajoutant qu'il garderait le secret. Mais ces hommes au coeur droit repoussèrent avec indignation un pareil acte d'hypocrisie, et l'évêque partit plein de colère et de confusion.

À quelque temps de là, « le roi, ayant éprouvé un nouvel accès de ses honteuses infirmités, se trouva en danger de mort pendant plusieurs semaines [9]. » L'occasion était favorable; les prélats qui entouraient le malade, et à leur tête le cardinal de Tournon, directeur de sa conscience et son ministre, en profitèrent pour le presser de songer au salut de son âme et l'engager à se faire ouvrir le chemin du ciel par quelque acte méritoire aux yeux de l'Église. Ils lui représentèrent ces malheureux comme de dangereux rebelles prêts à entrer en campagne au nombre de quinze mille hommes, et commettant déjà dans le pays les plus graves désordres. D'un autre côté, l'archevêque d'Arles, l'évêque d'Aix, nombre d'abbés, prieurs et chanoines, envoyèrent d'Avignon solliciter le roi de faire exécuter l'arrêt qui condamnait au feu les hérétiques de Mérindol. Enfin, pour surcroît de malheur, Chassanée venait de mourir; son successeur, qui s'était montré aussi tolérant que lui, ne lui avait survécu que peu de temps, et la présidence du parlement d'Aix avait été dévolue au baron d'Oppède.

Le baron d'Oppède ! Ce nom évoque l'image d'un des monstres de cruauté les plus féroces et les plus dépravés qui aient occupé la scène de l'histoire.

Ce brigand titré, avide et fourbe, avait grossi son maigre patrimoine de la dépouille de plusieurs familles vaudoises. Il détestait plus particulièrement les habitants de Cabrières, qui avaient eu l'audace de recueillir les malheureux fugitifs qu'il forçait à l'exil quand il ne les faisait pas enfermer dans les prisons de son château après les avoir ruinés.

Sa petite baronie touchait à celle de la comtesse Du Cental, châtelaine puissante et riche du grand revenu qu'elle tirait du travail des Vaudois. La comtesse lui avait refusé une de ses filles en mariage. L'orgueil et la cupidité du petit baron éconduit souffrirent également de ce refus; sa haine contre les Vaudois s'en accrut encore, et il jura de se venger.

Grâce à une habileté et à une souplesse extraordinaires, cet homme sans naissance parvint à la présidence du parlement d'Aix. Peu de temps après, il réunissait à cette première charge celle de commandant du pays. Disposant alors de la magistrature et des forces militaires de la province, soutenu par le clergé, secondé par des créatures dignes de lui, le baron d'Oppède put enfin exécuter l'arrêt suivant, arraché par le mensonge et l'infamie au roi moribond :

« ORDONNE... QUE LE PAYS SOIT ENTIÈREMENT DÉPEUPLÉ ET NETTOYÉ DE TELS SECTATEURS. »

Comment retracer toutes les scènes d'horreur qui suivirent la promulgation de cet arrêt d'extermination de tout un peuple ?

Les bandes indisciplinées du baron d'Oppède se jettent sur les villages de Cabrières, d'Aigues et de Lamothe dont la baronne Du Cental était suzeraine. Cette dame supplie par lettre le président d'épargner ses malheureux vassaux et de leur envoyer des juges au lieu de soldats. D'Oppède lui répond que ses gens aient à déposer leurs armes et à se retirer à Lamothe-d'Aigues où il enverra des juges pour séparer les coupables des innocents. Sur la foi de cette promesse, ils se rendent au lieu indiqué; mais ils y sont poursuivis et massacrés.

Les habitants de Mérindol avaient cherché un asile dans les forêts et dans les grottes du Léberon. Ils supplièrent d'Oppède de leur permettre de se retirer en Allemagne avec leurs femmes et leurs enfants. D'Oppède répondit : « Je sais ce que j'ai à faire de ceux de Mérindol et de leurs semblables; je veux les pendre tous et les envoyer au pays d'enfer avec tous les diables, eux, leurs femmes et leurs enfants, et en ferai une telle destruction que j'en ôterai la mémoire à jamais. »

Quand les Mérindolins virent qu'il n'y avait pas de quartier pour eux, ils voulurent se réunir encore une fois pour s'exhorter et prier en commun. Unis par la foi, sanctifiés par l'épreuve et soutenus par la même espérance en Celui qui, sur la croix, priait pour ses bourreaux, ils prièrent aussi. On n'entendit de la bouche de ceux qui n'échappaient que pour quelques moments aux poursuites de leurs ennemis que des paroles de résignation et de paix.

Le martyrologe [10] a recueilli avec détail tout ce qui fut dit par les vieillards et les jeunes gens dans cette émouvante assemblée du désert; mais qui pourra jamais décrire la sublime beauté de cette scène incomparable où d'humbles disciples du Christ prient pour leurs bourreaux et s'entretiennent de leurs espérances célestes au moment de recevoir le baptême de sang et la couronne du martyre ?

Quelques jours après le sac de Mérindol, d'Oppède se porte sur le territoire du comtat Venaissin et joint ses troupes à celles que lui amenait le légat du pape. Tous ces égorgeurs réunis marchent sur Cabrières.

Les habitants, abrités derrière quelques murailles, tiennent bon pendant toute une journée. Étonné de cette résistance, d'Oppède propose une capitulation et promet aux assiégés qu'ils auront la vie sauve. Sur la foi de cette parole, Cabrières se rend. Alors se déroulent une série d'horreurs qui défient l'imagination, et qu'un éminent historien catholique a retracées dans une page émouvante que nous citons textuellement :

« D'Oppède ordonne aux troupes de tout mettre à mort. Les vieux soldats de l'armée du Piémont déclarent leur honneur engagé par la capitulation et refusent d'obéir. Les fanatiques de la milice qui suivaient d'Oppède exécutent ses ordres sous la conduite de ses deux gendres. On tue dans la rue, on tue dans le château. Une multitude de femmes et d'enfants viennent de se réfugier dans l'église. La horde forcenée s'y précipite; on voit là réunis tous les forfaits que peut rêver l'enfer, ensuite toutes ces victimes sont passées au fil de l'épée.

» D'autres femmes se sont cachées dans une grange : d'Oppède les y fait enfermer et fait mettre le feu aux quatre coins. Un soldat veut les sauver et leur ouvre la porte; on les rejette dans le feu à coups de piques. Vingt-cinq mères de famille ont cherché asile dans la caverne de Mus, à quelque distance de la ville. Le vice-légat d'Avignon, digne émule d'Oppède, fait allumer un grand feu à l'entrée de la grotte; toutes ces malheureuses périssent étouffées.

» Le 22 avril, la ville de La Coste a le même sort que Cabrières. Le seigneur de La Coste, parent du baron d'Oppède, avait conjuré celui-ci d'épargner ses sujets. D'Oppède avait promis. Les portes venaient de s'ouvrir. Toutes les horreurs de Cabrières sont renouvelées.

» Un grand nombre d'habitants se précipitent du haut des murailles, pour échapper aux atroces traitements des bourreaux, qui prolongent, avec un art infernal, l'agonie de toute une ville.

» Tous les villages des environs, Mus, Roquefure, Gargas, Buoux, Sivergues et autres, sont successivement pillés et incendiés. Les trois villes vaudoises, et vingt-deux villages étaient détruits; trois mille personnes massacrées, deux cent cinquante exécutées après les massacres, sans un simulacre de jugement; six cent soixante furent envoyées ramer sur les galères du baron de La Garde; beaucoup d'enfants vendus comme esclaves ! L'armée des égorgeurs se retire enfin, laissant derrière elle une double ordonnance du parlement d'Aix et du vice-légat d'Avignon, du 24 avril, qui défendent « que nul, sous peine de sa vie, n'osât donner retraite, aide, secours, ni fournir argent ni vivres à aucun Vaudois ou hérétique. »

» La populace catholique des cantons environnants continue de parcourir en armes la campagne, glanant sur les traces de l'armée et cherchant ce qui restait à tuer ou à piller, tandis que des milliers de proscrits errent dans les bois et dans les rochers du Léberon, arrachant, pour apaiser la faim qui les dévore, les herbes et les racines sauvages. Tout secours leur est refusé. Autour d'eux, la terreur glace tout ce que n'enivre pas le fanatisme.

» Une multitude de ces infortunés moururent de faim enragée; les plus robustes gagnèrent les Alpes, Genève et la Suisse, fuyant cette patrie naguère si heureuse, que la rage des persécuteurs avait changée en un désert plein de ruines noircies et de débris humains sans sépulture. Jamais victimes plus pures ni bourreaux plus infâmes n'avaient apparu dans l'histoire. Tel fut l'épouvantable prologue des luttes religieuses qui devaient bouleverser de fond en comble la vieille France !

» Les jours de Béziers et de Carcassonne étaient revenus, et c'était sur toute la surface du royaume que devaient se renouveler dans quelques années les horreurs de la guerre des Albigeois [11] ! »

Ni les morts ni les fugitifs ne pouvaient crier vengeance. Mais les propriétaires ruinés, la baronne Du Cental surtout, dénoncèrent au roi les abominations commises par d'Oppède. Ce dernier, aidé du cardinal de Tournon, détourna les effets des terribles accusations portées contre lui, et obtint une déclaration royale approuvant sa conduite et ordonnant l'extermination des restes épars des malheureux fugitifs [12].

Plusieurs historiens ont affirmé que, vers la fin de sa vie, François Ier regretta les crimes commis en son nom et d'après ses ordres à Mérindol et à Cabrières. La déclaration qui précède ainsi que les actes qui suivirent permettent de mettre en doute la réalité de ces remords tardifs. Il mourut deux ans après, le 31 mars 1547, portant devant Dieu et devant l'histoire la responsabilité de ce monstrueux attentat.

Son successeur, Henri II, accueillit favorablement les justes réclamations des seigneurs ruinés et de la baronne Du Cental, et décida que l'arrêt d'Aix serait solennellement révisé devant le parlement de Paris.

Ce procès fameux eut un immense retentissement en Europe. La Cour n'y consacra pas moins de cinquante séances. L'avocat général Aubery plaida le premier pendant sept jours consécutifs, et son réquisitoire fut accablant pour le baron d'Oppède et ses complices.

Néanmoins tous furent acquittés. Meynier d'Oppède, le grand coupable, rentra triomphalement à Aix et fut solennellement réinstallé dans sa charge de président. Le pape, qui au cours des débats avait adressé au roi Henri II un bref très pressant en faveur de ce malheureux calomnié, victime de la cabale qui le persécutait, le récompensa publiquement en l'honorant du titre des marques et des prérogatives des chevaliers de Latran.

Mais il ne jouit pas longtemps de son impunité. Nouvel Hérode, il mourut peu après d'une maladie aussi extraordinaire que douloureuse [13].

Notes:

  1. Hist. de l'Académie des Inscriptions, t. XVIII, p. 378.
  2. Louis Frossard, Les Vaudois de Provence, p. 5-13.
  3. Léberon, en langue du pays lou Liberoun, appelé par les Romains Montes Albecerii, chaîne de montagnes qui s'étend dans la partie occidentale depuis Manosque jusqu'à Cavaillon.
  4. Pièces sur le Parlement d'Aix, t. 1, n° 929. Manuscrits autographes, Biblioth. d'Aix.
  5. Mémoires de Sadolet, t. V. Rome, 1640.
  6. Reynerus, Contra Valdenses. Catalogus testium veritatis, cité par L. Frossard, p. 89-92.
  7. Les Vaudois de Provence, p. 101 et suiv.
  8. Camerarius, Lugubris narratio, 1. II, p. 238 et suiv.
  9. Paradin, Histoire de notre temps, 1. IV, p. 141.
  10. Crespin, Histoire des martyrs, 1. III, fol. 154.
  11. Henri Martin, Histoire de France, t. VIII, p. 334, 335.
  12. Pièces concernant l'affaire de Mérindol en 1540. Manuscrit 798. Bibliothèque d'Aix.
  13. L. Frossard, Les Vaudois de Provence. -- Crespin, Histoire des martyrs, 1. III, fhl. 133 et suiv. -- Roman, Essai historique. — Bouche, Histoire de Provence. -- Monastier, Histoire de l'église vaudoise, t. I, ch. XV et XVIII. Muston, L'Israël des Alpes, Histoire des Vaudois du Piémont, t. 1, ch. V. -- Aubery, Histoire de l'exécution de Cabrières, de Mérindol... -- Léger, Histoire générale des Églises évangéliques des vallées du Piémont ou vaudoises, 2e part., p. 330 et 331.