À peine en possession de la liberté religieuse, les Vaudois consacrèrent toutes leurs ressources et toutes leurs forces à l'évangélisation. Indifférents pour ainsi dire à l'amélioration de leur condition sociale et aux spéculations lucratives du commerce ou de l'industrie, ils ne pensèrent qu'à ensemencer l'Italie en vue de l'éternelle moisson.
Leur première station missionnaire fut Pignerol, dont le nom évoque chez le lecteur tant de souvenirs douloureux. Placée au seuil de leurs Vallées, sa sombre forteresse avait abrité leurs persécuteurs; des milliers d'innocentes victimes étaient mortes de faim dans ses donjons. Ses innombrables couvents avaient servi de prison à leurs enfants enlevés par la violence.
Néanmoins, ils s'y rendirent et y proclamèrent hardiment la bonne nouvelle du salut. Bientôt la petite « chambre haute » se trouva trop étroite pour contenir la foule toujours croissante de leurs auditeurs.
L'évêque de Pignerol et son clergé proférèrent, il est vrai de violentes menaces contre les intrus. Mais des catholiques revendiquèrent pour eux le droit de bâtir un temple, et à la Chambre des députés, à Turin, un prêtre libéral prononça en leur faveur ces paroles mémorables : « Je désire maintenir la liberté du culte protestant parmi nous, parce que je désire maintenir la liberté du culte catholique dans le monde entier. Vous serez plus logiques dans votre tolérance que dans vos restrictions. »
Cinq années plus tard, en 1853, un magnifique temple s'élevait à Pignerol.
De Pignerol nos missionnaires se rendirent à Turin et y fondèrent une Église qui compta presque au début plusieurs centaines de membres. Un temple, digne de la capitale, y a été construit par les soins d'amis généreux. Les écoles annexées à l'oeuvre sont remplies d'enfants, catholiques pour la plupart, et plus d'un fait réjouissant montre que les efforts tentés pour la conversion des âmes n'ont pas été vains auprès du Seigneur.
À Gênes, les succès du pasteur Geymonat égalèrent ceux des Barbes ses ancêtres. Au bout de quelques mois, le local où se tenaient les réunions devint insuffisant, et les membres de la jeune Église songèrent à faire l'acquisition du couvent de « La Madré di Dio, » alors en vente. Un généreux banquier de Turin, signor Malan, avait avancé la somme nécessaire. Mais l'archevêque de Gênes courut à Turin et, se jetant aux pieds de la reine, la supplia de prévenir ce scandale. Le marché fut rompu; mais, à quelque temps de là, un temple s'élevait au centre même de la ville.
Lors de la réunion de la Table, ou commission exécutive, en 1853, une demande d'admission dans l'Église vaudoise fut reçue du Dr Luigi Desanctis, ex-recteur de la Maddalena à Rome, et qualificatore ou théologien de l'Inquisition. Chargé par le Saint-Office de combattre l'hérésie, il entreprit la lecture des livres réputés hérétiques. Il n'y découvrit point l'erreur qu'il y cherchait, mais par contre il y découvrit la vérité qu'il n'y cherchait point, et cette vérité fit de lui un chrétien vivant et dévoué. Chassé de Rome, il se réfugia à Malte, où il se consacra tout entier à la défense de l'Évangile. Pendant cinq années, il évita de se rattacher à aucune dénomination religieuse; mais, comme il le dit lui-même, « ses pensées se reportaient toujours sur l'Église des Vallées, dans laquelle il retrouvait la véritable et primitive Église italienne apostolique. » Il en devint un des membres les plus éminents. Cette Église, dont il avait fait choix, le nomma professeur d'histoire ecclésiastique. Il exerça ces fonctions jusqu'en 1869, époque à laquelle Dieu le rappela à lui.
La ville de Nice était connue pour son fanatisme et sa bigoterie. Il y a trente ou quarante ans, on n'eût pu y distribuer une Bible ou un traité sans courir les risques d'un emprisonnement. Mais là comme ailleurs se leva l'aurore de la liberté et aussitôt une souscription s'organisa pour l'érection d'un temple. Depuis 1859, Nice est devenue française, mais l'Église vaudoise s'y maintient dans un état prospère.
En Toscane, l'Évangile avait pris racine depuis 1845 et des centaines de Bibles y avaient été introduites par les soins des agents de la Société biblique britannique et étrangère. Mais les réunions étaient tenues secrètes, car la constitution arrachée au grand-duc de Toscane, en 1848, avait été retirée presque aussitôt que donnée, et de cruelles persécutions avaient suivi. Pour le seul fait d'avoir écouté les « hérétiques » ou lu les « Scritti profani, » ainsi qu'on désignait les saintes Écritures, un grand nombre de paisibles citoyens se virent arrêtés et conduits en prison.
Tel fut le sort du jeune pasteur Geymonat, surpris en flagrant délit de lecture du saint Livre, du comte Guicciardini et de plusieurs nobles familles.
Francesco Madiai et sa femme Rosa furent jetés en prison, où ils attendirent pendant dix mois qu'on statuât sur leur sort. Après cette longue et douloureuse réclusion, ils furent enfin jugés et condamnés, Francesco à cinquante-six mois de travaux forcés, Rosa à quarante-cinq mois d'emprisonnement. Les nobles époux supportèrent leur épreuve avec un courage et une résignation dignes des premiers chrétiens, jusqu'au jour où, grâce à l'intervention de la reine d'Angleterre et du roi de Prusse, leur peine fut commuée en une sentence de bannissement perpétuel.
Mais la Parole de Dieu ne peut être liée, et tandis que les adversaires se flattaient d'avoir entravé l'oeuvre d'évangélisation, plus de quatre-vingt-cinq mille exemplaires des saintes Écritures étaient distribués en Italie.
Revenons maintenant aux Vallées proprement dites, et contemplons-y les fruits admirables de la liberté naissante.
Nous mentionnerons tout d'abord la fondation d'un orphelinat à La Tour due principalement aux généreuses contributions d'amis anglais qui avaient visité les Vallées. Ce vaste établissement abrite actuellement deux cent vingt-trois orphelins.
Un autre fruit de la liberté, et non le moins précieux, fut la convocation régulière des synodes. Celui de 1854 peut servir de type à tous les autres; il nous initie en outre à toutes les oeuvres accomplies au sein de l'Église depuis l'acte d'émancipation. À ce double titre, nous en donnons un compte rendu très sommaire emprunté à la Buona Novella, la première feuille périodique vaudoise, publiée à Turin sous la direction du pasteur Meille et du professeur Desanctis.
Soixante-cinq membres étaient présents, savoir : trente et un pasteurs et trente-quatre anciens ou délégués. Après la prière d'usage, la formation du bureau et la validation des pouvoirs, la Table, ou commission exécutive, présenta un rapport détaillé sur ce qui avait été fait depuis le dernier synode de 1851: 1- pour l'édification de l'Église; 2- pour le soulagement des pauvres et des malades; 3- pour la diffusion de l'instruction; 4- pour l'évangélisation proprement dite.
« La Table rend compte de ses visites pastorales, desquelles il résulte que le culte public et le culte de famille sont généralement très fréquentés et observés; mais, en même temps, elle exprime le voeu qu'une sorte de mission intérieure soit organisée pour provoquer un réveil de la foi et de la piété. Elle appelle aussi l'attention sur la nécessité de remplacer le catéchisme d'Ostervald par un catéchisme plus simple et plus à la portée des familles et des écoles.
» La Table constate que 3,003 pauvres ou malades ont été secourus, et que, malgré la mauvaise récolte et l'augmentation des impôts, trois lits ont été ajoutés à l'hôpital de La Tour et trois à celui de Pomaret.
» La Table s'occupe ensuite de la question de l'instruction. Les Vallées possèdent 169 écoles primaires fréquentées par 4,421 élèves. Le collège de La Tour compte 8 professeurs et 93 étudiants. Les études comprennent le latin, le grec, l'italien, l'histoire générale, la littérature, la philosophie et les sciences naturelles. Il existe, en outre, une école normale dans la vallée de Pérouse. Tous ces établissements sont dans une situation prospère.
» La Table aborde enfin l'oeuvre de l'évangélisation, et cette partie du rapport est sans contredit de beaucoup la plus longue et la plus intéressante. Nous regrettons de ne pouvoir reproduire in extenso tous ces détails réjouissants; mais la prudence nous impose une réserve que nos lecteurs approuveront.
» Après quelques propositions d'un intérêt purement local, le synode décide qu'une Faculté de théologie sera créée à La Tour pour assurer le recrutement du corps pastoral vaudois. »
La guerre entre la France et l'Autriche amena, en 1859, l'affranchissement civil et religieux du nord de l'Italie, et la fédération des États de Toscane, de Modène, de Parme, de Lombardie, de Romagne et de Sardaigne. Quelque temps après, Garibaldi s'emparait du royaume des Deux-Siciles, et, par ses brillantes victoires, réunissait l'Italie méridionale à la couronne de Victor-Emmanuel.
Les États-Romains, enclavés entre ces deux parties du royaume, présentaient seuls un obstacle insurmontable à l'évangélisation. Mais les événements douloureux de 1870, en obligeant la France à retirer les troupes qui protégeaient le Saint-Père, permirent à Victor-Emmanuel de faire son entrée triomphale dans la Ville Éternelle.
Désormais l'ère des persécutions était passée sans retour, et, nouvelle terre promise, l'Italie une et libre s'ouvrait toute grande à la conquête pacifique de l'Israël des Alpes.
Une histoire complète des efforts tentés pour l'évangélisation de ce pays nous entraînerait loin des cadres imposés à ce travail. Nous n'en dirons que quelques mots.
En 1870, les deux tiers des Italiens ne savaient ni lire ni écrire, et nous pouvons ajouter que parmi ceux qui ne figuraient pas au nombre des analfabeti, la plupart n'avaient jamais vu la Bible. L'oeuvre était immense; les Vaudois l'entreprirent avec courage et avec foi.
Au mois de mai 1860, la Table décida que la Faculté de théologie fondée à La Tour serait transférée à Florence, au coeur même de l'Italie, estimant avec raison que l'évangéliste vaudois ne devait point se présenter à l'Italie comme un étranger, et que dans ce nouveau milieu, les futurs missionnaires apprendraient à parler cette langue si riche et si harmonieuse que tout orateur italien doit posséder s'il veut être écouté.
Depuis 1874, l'Italie est divisée en cinq grandes régions distinctes, qui se partagent l'activité missionnaire des Églises des Vallées. Ce sont : 1- le Piémont et la Ligurie; 2- la Lombardie et la Vénétie ; 3- la Toscane; 4- Rome et Naples; 5- la Sicile.
1. Piémont-Ligurie. -- Courmayeur, au pied du mont Blanc, est la première station que l'on rencontre après avoir traversé les Alpes. Une petite communauté de soixante membres environ se réunit dans une petite chapelle sous la conduite du pasteur Costabel. Les villages disséminés de la vallée d'Aoste ont été visités et comptent un certain nombre de convertis.
À Aoste même, les réunions ont lieu dans une salle en face de laquelle se trouve une fontaine érigée en souvenir de la fuite de Calvin. Un colporteur parcourt incessamment les environs de la ville.
À Ivrée, le pasteur Revel, aidé d'un colporteur, travaille avec succès dans le vaste champ qui lui est assigné. Non seulement les gens achètent la Bible, mais, comme les habitants de Bérée, ils la lisent pour voir si ce qu'on leur dit y est conforme.
À Turin, le nombre des fidèles est considérable et s'accroît chaque jour de nouvelles recrues.
Suse possède une petite communauté chrétienne prospère. Toute la vallée avoisinante était jadis peuplée de Vaudois, et l'on y voit encore les ruines de plusieurs temples protestants.
Il y a quatre ans environ, un jeune homme de Coazze, petit village des Alpes, se trouvant à Pignerol un jour de marché, avisa un colporteur qui vendait des Bibles et lui en acheta une. La lecture du saint Livre amena sa conversion. Ce fut le commencement d'une oeuvre intéressante, qui n'a cessé de s'étendre depuis. Aujourd'hui, Coazze possède un joli temple où cent cinquante auditeurs peuvent trouver place.
Nous avons déjà parlé de Gênes. Ajoutons simplement qu'on y trouve une Église vivante, et que l'Évangile y porte ses fruits, en dépit du milieu réfractaire aux idées de justice et de sainteté. Un des habitants les plus hostiles, qui avait juré de jeter par la fenêtre le premier évangéliste vaudois qui oserait se présenter chez lui, est actuellement l'un des membres les plus vivants de la jeune Église.
A Nice, nous l'avons vu, l'Église vaudoise tient ferme le drapeau de l'Évangile. Récemment ses membres ont souscrit jusqu'à 12,000 francs pour couvrir leurs frais de culte et d'écoles. Une colonie vaudoise florissante est établie à Marseille. Elle compte plusieurs milliers de fidèles, et entretient elle-même un pasteur originaire des Vallées.
2. Lombardie-Vénétie. -- À Milan, l'ancienne capitale de la Lombardie, le pasteur Turino est remarquablement encouragé dans son oeuvre. Dans l'espace de dix ans, de 1867 à 1877, le nombre des communautés de son Église s'est élevé de 85 à 155. Un jour qu'il prêchait, il vit entrer un jeune homme qui se mit à l'écouter avec la plus vive attention. À l'issue du service, il l'aborda en lui demandant s'il aimait Jésus. Qu'on juge de sa joie lorsque le jeune homme lui répondit : « Et comment me serait-il possible de ne pas aimer Celui qui m'a aimé jusqu'à la mort ? » Depuis quelque temps, ce fidèle serviteur de Dieu se consacre à l'oeuvre itinérante de la « Voiture biblique, » qui va de village en village, de marché en marché, offrir la Bible aux Italiens. Le récit des incidents de ces courses missionnaires formerait à lui seul un long chapitre, et non le moins instructif, de l'histoire de l'évangélisation de l'Italie par les Églises vaudoises des Vallées.
Côme, située au sud du lac du même nom, a son Église et son pasteur. À Brescia, l'un des fidèles était naguère encore un prédicateur en renom de l'Église romaine. Depuis sa fondation, l'Église de Venise n'a cessé de donner les plus grands sujets d'encouragement, et, de divers points de la région, des appels pressants sont adressés aux pasteurs, qui ne peuvent suffire à la tâche.
3. Toscane. -- Avec sa faculté de théologie et son imprimerie, Florence est naturellement la plus importante de toutes les stations missionnaires vaudoises. Le Dr Desanctis, on s'en souvient, fut pendant plusieurs années professeur d'histoire ecclésiastique dans cette faculté, dont le docteur Revel était le directeur. Le docteur Comba, de Venise, qui lui a succédé, est bien connu du public protestant comme éditeur de la Rivista Cristiana. D'autres feuilles périodiques, l'Amico di Casa, la Famiglia Cristiana, l'Amico dei Fanciulli, sont également imprimées à Florence. Outre plusieurs Églises florissantes, la ville possède un orphelinat, une école industrielle pour garçons et un hôpital où les malades reçoivent tous les soins que réclame leur état.
Lucca est une petite ville qui ne le cède à aucune autre de la péninsule en ignorance et en superstition. Depuis des siècles, elle se fait gloire de posséder le « Volto Santo, » la sainte figure du Christ, sculptée sur bois par saint Joseph. On hésitait presque à s'attaquer à ce foyer de fanatisme, dans la crainte d'un échec complet. Aujourd'hui Lucca possède aussi son temple et sa petite communauté évangélique. Il n'est pas jusqu'à l'île d'Elbe, où nos vaillants pionniers n'aient planté leur drapeau et remporté de sérieux succès, en dépit de tous les obstacles dont on semait leur route.
4. Rome-Naples. -- Les missionnaires vaudois entrèrent à Rome à la suite des troupes italiennes. Il leur fut d'abord difficile de trouver un local à louer, les propriétaires craignant tous de se compromettre auprès du clergé, alors tout puissant. Cependant l'oeuvre fut fondée et, en moins de deux ans, quatre-vingts catholiques romains étaient reçus membres de l'Église. Un marquis, colonel de l'armée pontificale, se joignit avec sa femme à la communauté naissante. Les chrétiens de toutes dénominations ont envahi la Ville Éternelle, où s'élèvent aujourd'hui un grand nombre de temples protestants et d'écoles. N'est-il pas merveilleux de voir l'Église vaudoise établie dans la cité même des papes ? Peut-être les martyrs des Vallées ont-ils pressenti par la foi ce triomphe final de l'Évangile, et s'en sont-ils réjouis au sein de leurs tourments ?
Des temples et des écoles ont été construits à Ancône sur l'Adriatique, à Naples, à Bénévent, à Reggio. L'oeuvre du colportage a tout particulièrement réussi dans la Calabre, où il semble que le sang des martyrs vaudois du seizième siècle soit appelé à devenir une semence de chrétiens.
5. Sicile. — Palerme est la plus importante des stations vaudoises dans cette île. Un prêtre converti y prêche l'Évangile qu'il combattait autrefois. Catane et Messine ont des pasteurs qu'elles ont appelés elles-mêmes. À Rieti, l'enthousiasme des habitants fut grand lorsqu'ils entendirent pour la première fois la prédication de l'Évangile. On y trouve une congrégation fidèle et une école qui ne compte pas moins de cinquante élèves. Trabia possède aussi une école florissante où les parents envoient de préférence leurs enfants, bien qu'ils ne se soucient guère de l'Évangile pour eux-mêmes. Dernièrement, l'inspecteur constatait, dans son rapport, que, de toutes les écoles de la région, celle de Rieti était la plus fréquentée et la mieux dirigée.
Au synode tenu à La Tour en 1877, un orateur comparait, non sans une vive émotion, la liberté dont jouit actuellement l'Église vaudoise à la servitude dans laquelle elle gémissait antérieurement à l'acte d'émancipation, et, se tournant vers les membres du synode, venus de toutes les parties de l'Italie et de la Sicile, il s'écriait, dans un élan de reconnaissance et d'amour : « L'Éternel a fait de grandes choses en notre faveur ! »
Oui, le Seigneur a fait de grandes choses en faveur de son Église des Vallées, et il en fera de plus grandes encore à l'avenir, de telle sorte que nous serons dans l'admiration.
Aujourd'hui, sur les rochers du Pra-du-Tour, tant de fois rougis du sang des martyrs, non loin des cavernes où les Barbes instruisaient secrètement leurs disciples, s'élève un temple où, sans crainte des persécutions, les « hommes des Vallées » se réunissent librement pour adorer le Dieu de leurs pères. La lumière, longtemps retenue sous le boisseau et vacillante au souffle de la tempête, brille de nouveau au sein des ténèbres de l'ignorance et de la superstition; et déjà, par la foi, nous saluons l'aurore de ce jour béni où l'Italie entière sera remplie de la connaissance de cet Évangile, qui, aujourd'hui comme il y a dix-huit siècles, est encore « la puissance de Dieu pour le salut de tous ceux qui croient ! »