“Ayez, non cette parure extérieure qui consiste dans les cheveux tressés, les ornements d’or, ou les habits qu’on revêt, mais la parure intérieure et cachée dans le cœur, la pureté incorruptible d’un esprit doux et paisible, qui est d’un grand prix devant Dieu.”
Le raisonnement humain a toujours cherché à éluder ou à repousser les instructions simples et directes de la Parole de Dieu. De tout temps, il y a eu une majorité de chrétiens qui ont méconnu les préceptes relatifs au renoncement, à l’humilité, à la modestie et à la simplicité qui doivent caractériser la conversation, l’attitude et la parure. Et le résultat a toujours été le même: celui qui s’écarte des enseignements de l’Evangile finit par adopter les modes, les coutumes et les principes du monde. Un formalisme mort succède à une piété vivante. La présence et la puissance de Dieu désertent les cercles mondains pour élire domicile parmi les humbles adorateurs qui se montrent dociles aux enseignements de la Parole sainte. C’est ce qu’on a vu dans toutes les générations. Diverses dénominations se sont levées, l’une après l’autre; en renonçant à leur simplicité, elles ont perdu, dans une large mesure, leur ancienne influence.
Un piège pour le peuple de Dieu
En voyant l’engouement de la mode et le luxe parmi ceux qui font profession de croire à la vérité présente, nous nous demandons avec tristesse: le peuple de Dieu n’apprendra-t-il rien du passé? Ils sont rares ceux qui comprennent leur propre cœur.
Des adorateurs de la mode, vains et légers, prétendent suivre le Christ; mais leur manière de se vêtir et leur conversation montrent ce qui occupe leur esprit et fait l’objet de leurs affections. Leur vie trahit leur mondanité; le monde les réclame comme siens.
Quelqu’un qui a goûté l’amour du Christ pourrait-il encore trouver une satisfaction dans les frivolités de la mode? C’est avec peine que je vois des personnes faisant profession d’imiter un Sauveur humble et débonnaire se donner tant de peine pour se conformer aux usages du monde en ce qui concerne le vêtement. Malgré leur profession de piété, ces personnes se distinguent à peine des non-croyants. Elles n’ont pas une vie vraiment religieuse. Leur préoccupation est de se vêtir de manière à frapper les regards: tout leur temps et leur argent sont consacrés à ce but.
Les femmes sont plus particulièrement exposées au péché de la vanité et de la prodigalité dans le vêtement. C’est pourquoi, l’apôtre leur adresse ces paroles: “Je veux aussi que les femmes, vêtues d’une manière décente, avec pudeur et modestie, ne se parent ni de tresses, ni d’or, ni de perles, ni d’habits somptueux, mais qu’elles se parent de bonnes œuvres, comme il convient à des femmes qui font profession de servir Dieu.”
Une réforme nécessaire
Sous nos yeux l’Église est graduellement envahie par un mal que la Parole de Dieu condamne. Quel est, à cet égard, le devoir de ceux qui ont de l’autorité? L’influence de l’Eglise peut-elle être ce qu’elle devrait alors que beaucoup de ses membres obéissent aux injonctions de la mode plutôt qu’à la volonté de Dieu, si clairement révélée? Comment compter sur la présence et l’assistance du Saint-Esprit aussi longtemps que l’on tolère ces choses? Garderons-nous le silence tandis que les enseignements du Christ sont mis de côté par ceux qui font profession d’être ses disciples? Ceux qui ont été établis pour veiller sur l’Eglise de Dieu en éprouvent de la douleur et de l’anxiété. Mes sœurs chrétiennes voudront-elles réfléchir à ce sujet avec sincérité et avec prière? Chercheront-elles à se laisser guider par la Parole de Dieu? Le temps inutilement dépensé à confectionner des parures conformes aux usages du monde devrait être consacré à sonder son propre cœur et à étudier les Ecritures. Les heures qui sont plus que gaspillées en vue de préparer des ornements superflus, deviendraient plus précieuses que l’or si on les employait à acquérir de bons principes et des connaissances utiles. Je souffre de voir de jeunes femmes faisant profession de suivre le Christ mais qui, en pratique, ignorent son caractère et sa volonté. Elles se sont habituées à se nourrir de caroubes. Les brillants oripeaux du monde ont plus de prix à leurs yeux que les richesses éternelles. Les facultés mentales, qui auraient pu être développées par la réflexion et par l’étude, restent stagnantes; les affections ne sont pas disciplinées. Tout cela parce qu’on attache plus d’importance à l’ornement extérieur qu’aux charmes de la vie spirituelle ou à la vigueur mentale.
L’ornement intérieur
Les disciples du Christ vont-ils rechercher l’ornement intérieur, l’esprit doux et paisible auquel Dieu attache tant de prix; ou bien dissiperont-ils les quelques heures du temps de grâce qui leur restent dans des efforts inutiles pour paraître? Le Seigneur voudrait voir les femmes tendre sans cesse vers le progrès intellectuel et moral, devenir capables de mener une vie utile et heureuse, qui fût un bienfait pour le monde et un sujet de gloire pour le Créateur.
J’aimerais demander à la jeunesse d’aujourd’hui, à celle qui fait profession de croire à la vérité présente, en quoi elle renonce à elle-même pour l’amour de la vérité. Quand on convoite un vêtement, un ornement ou une commodité quelconque, présente-t-on la chose au Seigneur pour savoir si son Esprit approuve la dépense? Veille-t-on à ne pas déshonorer sa profession de foi par la manière dont on prépare ses vêtements? Peut-on demander la bénédiction du Seigneur sur l’emploi de son temps? C’est une chose de se joindre à une Eglise, c’en est une autre d’être vraiment uni au Christ. Des chrétiens non consacrés, aimant le monde, constituent une sérieuse cause de faiblesse dans l’Eglise du Christ.
Plus que jamais, la passion des plaisirs fait rage. Partout la dissipation, partout une insouciante prodigalité. Les foules sont avides d’amusements. L’esprit devient léger et frivole parce qu’on ne l’habitue pas à la méditation, on ne le contraint pas à la discipline de l’étude. Un sentimentalisme ignorant est chose courante. Dieu veut que toute âme soit cultivée, affinée, élevée et ennoblie. Trop souvent, cependant, on sacrifie de précieuses acquisitions à l’ostentation de la mode et à de faciles plaisirs. A cause de la mode féminine, des âmes s’étiolent et deviennent rabougries: au lieu d’être un sujet de bénédiction pour la société, elles deviennent un sujet de malédiction. — The Review and Herald, 6 décembre 1881.