Lorsque je me rends compte des dangers que font courir à la jeunesse les mauvaises lectures, je ne puis m’empêcher d’insister sur les avertissements qui m’ont été donnés à l’égard de cette grande plaie.
Les maux qui menacent les ouvriers lorsqu’ils ont à s’occuper d’imprimés d’un caractère douteux sont trop peu compris. Leur attention est attirée sur les sujets qui passent sous leurs yeux; des phrases se gravent dans leur mémoire; des pensées leur sont suggérées. Presque inconsciemment, ils sont influencés par l’écrivain; leur esprit et leur caractère en reçoivent une empreinte néfaste. Il en est qui ont peu de foi et peu d’empire sur eux-mêmes, et il leur est bien difficile de détourner la pensée de tels écrits.
Avant d’accepter la vérité présente, quelques-uns avaient l’habitude de lire des romans. En entrant dans l’église, ils ont fait un effort pour vaincre cette habitude. Placer devant eux des lectures semblables à celles qu’ils ont abandonnées, c’est offrir de l’alcool à un ancien ivrogne. Cédant à la tentation qui se présente constamment à eux, ils perdent bientôt le goût des bonnes lectures; ils ne prennent plus d’intérêt à l’étude de la Bible; leur force morale s’affaiblit; le péché leur apparaît de moins en moins repoussant. Une infidélité croissante ainsi qu’un dégoût toujours plus grand pour les devoirs pratiques de la vie se manifestent. A mesure que l’esprit se pervertit, il est de plus en plus disposé à se nourrir de lecture sentimentale. C’est ainsi qu’une âme ouvre la porte à Satan, et lui permet de la dominer complètement.
D’autres ouvrages, moins mauvais, doivent également être mis de côté s’ils font prendre la Bible en aversion. Celle-ci est la véritable manne. Il faut éviter de lire ce qui ne nourrit pas l’âme. Vous ne pouvez travailler pour le Seigneur avec une claire perception de vos devoirs si votre esprit est absorbé par des lectures de ce genre. Ceux qui sont au service de Dieu ne devraient gaspiller ni leur temps, ni leur argent pour des lectures légères. Que vaut la paille comparée au grain?
Les lectures et l’expérience religieuse
Nous n’avons pas de temps à consacrer aux amusements frivoles, ni pour satisfaire nos penchants égoïstes. C’est le moment ou jamais de vous occuper de choses sérieuses. Vous ne pouvez considérer le sacrifice et l’abnégation du Rédempteur du monde, et trouver encore du plaisir dans les rires légers, dans la plaisanterie et la sottise. Vous avez grandement besoin de faire une expérience pratique de la vie religieuse, et de former votre esprit en vue de l’œuvre de Dieu. Votre christianisme est dans une grande mesure déterminé par le caractère des livres que vous lisez à vos moments de loisir.
Si vous aimez les Écritures, si vous les sondez chaque fois que vous en avez l’occasion afin de vous enrichir des trésors qu’elles contiennent, vous pouvez être assurés que Jésus est à vos côtés.
“Prenez garde que personne ne fasse de vous sa proie par la philosophie et par une vaine tromperie, s’appuyant sur la tradition des hommes, sur les rudiments du monde, et non sur Christ. Car en lui habite corporellement toute la plénitude de la divinité. Vous avez tout pleinement en lui, qui est le chef de toute domination et de toute autorité.” Colossiens 2:8-10.
Nous ne pouvons être complètement au Christ, et en même temps suivre la pensée des soi-disant savants en mettant leur sagesse au-dessus de celle du plus grand Maître que le monde n’ait jamais connu. Aller puiser la connaissance à de telles sources, c’est boire à une citerne crevassée.
Que la vérité divine soit l’objet de votre méditation. Lisez la Bible; considérez-la comme étant la voix de Dieu qui vous parle directement. Alors vous trouverez une inspiration et une sagesse qui viennent d’en haut.
L’acquisition de beaucoup de livres interpose trop souvent entre Dieu et l’homme de nombreuses connaissances qui affaiblissent l’esprit et le rendent incapable de s’assimiler les choses essentielles. L’esprit devient alors “dyspeptique”. Il faudrait beaucoup de sagesse pour arriver à choisir entre tant d’auteurs et la Parole de vie qui invite le croyant à manger la chair et à boire le sang du Fils de Dieu.
Mes frères, évitez les ruisseaux de la plaine; abreuvez-vous aux eaux pures du Liban. Vous ne pouvez marcher à la lumière divine, si vous embarrassez votre esprit d’une quantité d’idées qu’il ne peut assimiler. Il est temps que nous décidions de recourir à l’aide du ciel, si nous voulons que nos pensées soient modelées par la Parole de Dieu. Fermons la porte à tant de lectures; prions davantage, et nourrissons-nous des paroles de vie. Si le Seigneur ne fait son œuvre dans nos cœurs et dans nos esprits, nous ne verrons jamais sa face.